Wild Spirits
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 Juste un stupide merle [PV Griffe Rousse]

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Petit Merle
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MessageSujet: Juste un stupide merle [PV Griffe Rousse]   Juste un stupide merle  [PV Griffe Rousse] EmptyJeu 20 Fév - 21:27

Petit Merle se donna fébrilement quelques rapides coup de langue sur son poitrail blanc. Il aurait bien aimé être tout comme lui, Immaculé, pour mieux se fondre dans la lueur blafarde du givre matinal ou les bosquets gelés qui entouraient le camp. Au lieu de quoi, il était ébène. Dans de la neige, ouverte sur le ciel pâle où s'étiraient le coton de quelques nuages. Aucune chance qu'il n'attire au moins pas le regard. Et qu'on le remarque lui, ce chat.
Parfois il abandonnait souvent son identité pour accueillir celle, mieux connue et à raison, de l'Ombre de sa mère, la suivant dans ses allers-venues arpentant le camp. Elle, lui assurant, pour toujours compagnie, lui, lui donnant le soleil de l'amour d'un enfant pour sa maman. Car sans soleil, aucune ombre. Mais il y avait parfois des fois, comme ce matin-là, où la belle chatte s'aventurait au delà où le jeune chat pouvait, et il était bien d'accord, accéder.
Alors il réhéritait de ce corps dont la meneuse lui avait fait cafardeau, il y a bientôt 4 lunes maintenant. Il avait grandi depuis, pris des pattes, du long, du haut, enfin surtout des pattes, aujourd'hui larges comme celle d'un gros matou. Il semblait que plus il prenait en matière, moins l'esprit, lui, semblait s'y accrochait... La couleur définitif de ses prunelles avait remplacé la brume du jeune âge, pourtant c'est comme s'il n'y avait personne là-dedans. Ses yeux-là ne semblaient n'être que le reflet de l'observateur. Son corps n'avait pour volonté que les mouvements d'Etoile de Rose, et dans son crâne, hé bien... Qui savait ce qui s'y passait. Même lui sans doute n'en saisissait pas la moindre bribe.

Queue et tête basse, lorsque sa mère l'avait laissé, il avait rejoint un coin du camp, un endroit inexploité du pourtour de l'abri des anciens et s'était glissé, non sans provoquer quelques chutes de neige, jusqu'à la lisière de la tanière et s'était assis, dos aux landes, aveuglé par son propre mur de ver et d'angoisse. Pour lui le monde s'arrêtait ici, avec le camp. C'était là qu'il était le plus calme, loin du tumulte et des regards de ses camarades mais toujours sous leur protection, ça coûtait bien quelques touffes de poils.

Soudain un bruit le tira de ses rêveries lointaines. Son coeur loupa un battement, il leva la truffe et écarquilla les yeux, jusqu'alors, il était bien le seul à être venu là, il n'avait jamais perçu d'autres traces que les siennes. Il ne vit rien que les branches enneigées de la tanière des anciens. Le bruit se répéta. Des pas légers. Qui venaient de derrière? lui.
Ne pouvant contenir l'angoisse qui lui mordait les côtes et sans même jeter un regard vers la chose, il s'élança en avant, pour seulement se prendre les branches entrelacées en plein nez. La neige qu'elles retenaient lui tomba dessus. Il poussa un bref cri étouffé par la masse froide puis un grand bond en arrière, l'arracha à l'étreinte humide. Ses poils dressés effleurèrent autre chose, une branche ou de la neige certainement, ça lui arracha cependant un grand miaulement terrorisé.

- Mère !


Il ouvrit grand les yeux et la bouche, aveuglés par la peur et la neige, désorienté, il entendit alors la chose détaler à toute allure. Il courut sans demander sans reste vers, s'en rendant compte trop tard, l'horizon qui n'existait pourtant pas il y a quelques secondes. Hors du camp! Non! Il laissa ses pattes à leur instinct quelques instants, fixant de ses yeux exorbités le givre et l'herbe qui passaient en trombe sous ses pattes. Puis il freina d'un coup et se tapi dans la terre froide, les odeurs nouvelles, et le vent. Le pelage gonflé, son cœur battant à ses oreilles, il ne tenta rien pour calmer sa respiration saccadé et n'osa un regard en arrière. Il ferma les yeux lorsqu'il vit l'oiseau noir le fuyant, le dépasser à grande allure dans une plainte stridente. Hors du camp!
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MessageSujet: Re: Juste un stupide merle [PV Griffe Rousse]   Juste un stupide merle  [PV Griffe Rousse] EmptyVen 21 Fév - 3:20

La Saison des Neiges. Elle était encore là. Elle ne tarderait plus à lever son beau voile blanchâtre, Griffe Rousse en était certain. Toute bonne ou mauvaise chose à une fin. La Saison des Neiges avait son lot d'avantages et d'inconvénients. Pour la plupart des chats claniques, elle rimait avec mauvaise saison. Pourquoi ? Parce qu'en plus du froid donc pouvait souffrir les félins, les proies se raréfiaient. Certaines partaient en hibernation et ne repointeraient le bout de leur museau qu'à la Saison des Feuilles Nouvelles. Les autres ? Elles étaient suffisamment prudentes et conscientes des dangers de sortir à découvert durant cette saison qu'elles développaient une panoplie de comportements astucieux pour éviter de tomber dans la gueule de leurs prédateurs naturels. En plus du froid, les Guerriers souffraient donc de la faim. Les rares proies qu'ils parvenaient à saisir revenaient de droit aux Chatons et aux Anciens qui étaient priorisés. Le Code du Guerrier était très clair sur ce point. Et si la faim pouvait parfois tenter les chats à commettre l'impair, la plupart se faisaient violence pour se maintenir dans les clous. Griffe Rousse lui n'avait aucune peine à se passer de manger. Son corps en était le témoin, les os saillants sous sa peau. Il avait puisé dans tous les stocks fait pendant les belles saisons, il n'avait probablement plus aucune trace de lipide dans le corps. Et il s'en passait bien. Le cercle vicieux s'arrêterait bientôt. Il en était certain. Et c'est comme cela qu'il tenait bon. C'est en respectant les principes qu'il avait pris pour fondement qu'il surmontait la fatigue intense imposée par la famine. C'est par une force d'esprit qu'il continuait de se lever chaque matin pour tenter d'attraper la moindre vie. Toute chance devait être saisie comme la plus belle des opportunités et ce n'était pas lui qui vous en tiendrait un discours tout autre. Précautionneux, il était très certainement un peu plus dur avec les erreurs de ses compères pendant la chasse.

La chasse. Voilà l'activité principale de cette mauvaise saison. Bien sûr, la vie continuait autrement. Les patrouilles pour protéger les frontières, l'entraînement des Apprentis, les tâches qui fondent l'existence même des Clans continuaient de perdurer. Simplement, les efforts s'amassaient plus sur ce qui assurerait leur survie. À quoi bon s'entraîner à se battre si l'on crève de faim ? Le matou aux poils roux échappa une expiration silencieuse. Le museau au vent, la gueule légèrement entrouverte, il ne comptait laisser passer aucune piste. Déambulant dans les landes, qu'il connaissait par cœur à force de les arpenter, il remontait une à une les pistes laissées par le passage des lapins, des souris et des mulots. Il ne ferait pas le difficile. Récente ou moins, il tentait le tout pour le tout. Il ne ménageait pas ses efforts pour ce qu'il trouvait être la bonne cause. Les autres comptaient sur lui. Et à force de persévérance, à force d'obstination, il trouva enfin un semblant de fumet intéressant. Semblant plus frais que les autres, il remonta la piste dans un silence religieux. Le moindre de ses pas étaient surveillés, le moindre de ses gestes contrôlés. Bientôt, ses yeux croisèrent la fourrure brune du lapin qu'il chassait. Ce n'était pas le moment de faire une erreur. Doucement. Un pas après l'autre, il s'approcha. Il se savait bon à la course, mais il savait également que ses camarades devaient chasser pas trop loin. Inutile donc de ruiner leur chance en cavalant vainement après une proie qu'il pouvait essayer de prendre par surprise. Arquant ses muscles, calculant son saut futur, il tendit finalement ses pattes en un saut agile. Et comme il avait pris toutes les mesures nécessaires, il retomba comme prévu sur le dos du lapin qu'il ne laissa pas paniquer. Glissant rapidement ses crocs dans son cou, il lui brisa net la nuque. Pas peur fier de sa prise, il ravala la pointe de fierté qui perlait et alla rejoindre les autres au point de rassemblement. Chacun avait trouvé au moins une prise, la chasse était plutôt bonne. Cheminant dans le silence pour revenir, Griffe Rousse ne ménagea pas ses efforts, gardant le museau au vent, au fait de la moindre piste. Rien d'intéressants. Rien qui ne ressemble à l'odeur d'une proie à ajouter au butin. Rien de tout cela, mais pour autant, son museau se fronça alors qu'il n'était plus qu'à une ou deux longueurs de queue-de-renard du Camp. Une odeur qu'il connaissait bien vint lui titiller les narines alors qu'il ne devrait en être. Confiant son butin à Museau Nuageux, il remonta la piste qu'il venait de trouver. Et lorsque l'odeur lui sembla vraiment très proche, à quelques longueurs de queue de souris tout au plus, il osa élever sa voix :

« Petit Merle ? »


Dernière édition par Griffe Rousse le Jeu 5 Mar - 0:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Juste un stupide merle [PV Griffe Rousse]   Juste un stupide merle  [PV Griffe Rousse] EmptyVen 21 Fév - 18:59

Il n'entendait que le rouge qui faisait trembler ses oreilles, il ne voyait que le bruit qui affolait son corps. La couleur charnelle de ses paupières prenant des teintes fantasques à mesure que son cœur battait sa rétine. Hors du camps. Il se sentait plus petit, que jamais, plus perdu pour toujours, et effrayamment . Tout seul et minuscule dans la vaste lande fouettée par les vents du redoux. Seul et là. Mère... Il poussa un grognement tremblant, et se décida à ouvrir les yeux et desserrer l'étreinte de ses pattes qui les recouvraient.  
La lande s'ouvrit devant lui jusqu'à l'horizon qui semblait se mêler aux flammes que projetait les premiers rayons de soleil. De l'herbe, de la neige, de l'herbe, de la neige, ha tiens un buisson rabougri. Il n'était jamais aller aussi loin, encore moins en pensée que corporellement.
Il se recroquevilla quand une bourrasque se fit plus violente que les autres.
Dans la sécurité du camp, sa sœur se réveillait dans un gros bâillement satisfait, son frère était en train de supplier un guerrier de lui montrer une technique de chasse, Perce-Neige houspillait un apprenti qui s'était dérobait à ses tâches... Mais lui son corps n'y était pas. Un frisson le parcouru encore et il ne put empêcher ses paupières de se clore une deuxième fois. Ici, il était, mais où c'était? Bientôt, un sentiment familier vient lui envahir l'un de ses sens et Petit Merle du arracher son esprit du camp pour venir au rapport. Il dressa les oreilles. Ici dans la lande, le territoire, son territoire, il ne reconnaissait aucun bruit, les brises qui sifflaient dans ses oreilles n'avaient rien avoir avec le chant du vent dans les ajoncs et la bruyères qui les protégeait. Aucun oiseau n'osait chanter, non plus. Le sol froid recouvert d'herbes givrés du petit matin crissaient sous son corps, et la vue, oh il ne voulait plus y penser, quelle vision d'horreur. Cette étendue où nulle part son regard ne pouvait s'accrocher, où rien n'avait de familier, il n'y avait juste rien. Il leva alors la truffe et huma de nouveau. Oui c'était là, l'odeur, la sensation, ça sentait le camp. Il rouvrit les yeux, rien ne perturbait la parfaite silhouette des collines. Il releva la truffe, l'odeur se déplaçait, elle était familière et rassurante.

- Petit Merle ?



Le chaton ne broncha pas, Griffe Rousse c'était. Béni soit il. Ce chat portait avec lui l'odeur de la maison, mais il n'arriva pas à se relever pour le rejoindre. Il tenta alors de miauler pitoyablement, mais sa gorge n'émit qu'un gargouillis grotesque.  Il planta ses griffes dans le sol dur et le laboura. Je suis bloqué! Soudain, le félin musculeux apparut dans son coin de vision, et Petit Merle attrapa son regard comme s'il était l'unique moyen pour lui de rester en vie. L'expression du matou était indescriptible. Griffe Rousse se mit à trottiner en voyant la mine effarée du petit, mais quelque chose dans ses prunelles força le chaton ébène à geindre. Enfin, il réussit à tordre son corps pour se retourner et ramper vers le grand chat. Il l'aimait bien ce chat, c'est juste qu'il n'était pas sa mère et que tout ce qui n'était pas elle, n'était pas rassurant. Cependant aujourd'hui il devait faire un petit écart,ce félin représentait toutes ses chances de vie.

- Je... Je, J'ai pas fait ex... Près! Il faut reven...



Sa langue s'entortilla dans sa bouche, comme toujours lorsqu'il essayait d'utiliser sa voix fluette. Il ferma les yeux de honte, en baissant tête et oreilles devant le guerrier qui s'était maintenant arrêté devant lui.
Sa douce odeur l'enroba et Petit Merle se serrait même cru en sécurité si la grosse voix du mâle n'avait pas tonnée et que ses yeux limpides ne l'avait pas tant transpercés lorsque le chaton avait enfin osé à lever les siens. Il se recula brusquement, sans le vouloir, le poil dressé jusqu'à ce qu'une pierre non loin arrête l'automatisme de ses pattes.
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MessageSujet: Re: Juste un stupide merle [PV Griffe Rousse]   Juste un stupide merle  [PV Griffe Rousse] EmptyMar 25 Fév - 0:22

Devenait-il fou ? Avait-il vraiment capté l'odeur du petit en dehors du Camp ? Comment est-ce que cela était possible ? L'avorton n'avait pourtant pas le droit de sortir... Il n'était pas du genre spécialement courageux ou aventureux non plus... Depuis qu'il était né, Griffe Rousse avait veillé au grain sur lui et sur ses frères et sœurs. La dernière chose qu'il souhaitait, c'était qui leur arrive quelque chose. Il ne se le pardonnerait probablement pas. Aussi, son sang n'avait fait qu'un tour quand il lui sembla avoir senti son parfum. Et s'il y avait bien un sens qui ne pouvait pas tromper, c'était bien celui-ci. Les effluves, les odeurs, tout ce qui touchait de prêt ou de loin à l'olfactif ne pouvait être trafiqué. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête à ce petit ? Quelle guêpe l'avait piqué pour qu'il se décide à enfreindre ainsi les règles ? Il devait pourtant le savoir... Lui plus qu'un autre... Lui tout autant qu'un autre... Les Chatons ne sont pas jugés aptes à sortir du Camp... Et ce pour leur simple sécurité. Hors de la vue et de la sécurité providentielle des adultes, les petits étaient vulnérables à tous les dangers de la Lande. Et dire qu'il était nombreux n'était pas une exagération, loin de là... Combien de Chatons avaient été emporté par les oiseaux de proie ? Combien de Chatons avaient disparu sans qu'on ne retrouve jamais leur trace ? Combien de petits téméraires avait rejoint le Clan des Étoiles bien trop tôt ? Griffe Rousse soupira à cette idée et s'empressa de réorienter pleinement son attention sur la recherche du petit chat noir. Inutile de se faire un sang d'encre pour rien... Du moins, ce n'était pas en bougonnant et en se faisant tous les scénario possibles et inimaginables sur les issues qui guettaient le Chaton qu'il en réchapperait. Ce n'était pas non plus comme cela qu'il remettrait la patte dessus. Pour l'amour du Clan des Étoiles, il devait le ramener vivant à Étoile de Rose et le plus rapidement possible...

Les muscles tendus à l'extrême, ses yeux balayèrent les environs en tentant d'investiguer la moindre petite cachette où pourrait s'être logé Petit Merle. Il devait bien être quelque part... Il le sentait. Son odeur était plus forte à présent. Comme-ci le petit n'était plus qu'à quelques longueurs de queues de souris de lui. Et pourtant, il restait aveugle à ses yeux bleus criant presque détresse. Sans qu'il n'y ai fait attention, son rythme cardiaque s'était accéléré, sa respiration s'était faite anormale. Devenait-il fragile lorsque l'on touchait de prêt ou de loin à sa famille ? Tentant de reprendre le dessus, il tempéra ses émotions, les mettant de côté pour être apte à agir au mieux. Pas de panique. Cela ne devait pas faire longtemps qu'il était sorti. Il devait s'en convaincre. Et aussitôt l'idée germée en tête, le calme revint sur l'esprit du Guerrier. Son cœur cessa de battre à tout rompre, sa respiration retrouva une amplitude et une fréquence plus mesurée. Ses muscles se détendirent légèrement. Puis, alors qu'il continuait de sonder l'endroit à la recherche du petit corps frêle noir de son neveu adoptif, le Guerrier entendit un léger piaillement entre deux bourrasques de vent. Il touchait au but... Orientant ses recherches dans la bonne direction, il perçut le chétif corps de Petit Merle, rampant dans sa direction. Et si un soupir de soulagement s'échappa dans son esprit, son visage avait gardé son équité habituelle. Ce petit lui avait fait une peur bleue... Et pourtant, ce n'était pas à lui de lui faire la leçon... Du moins pas tant qu'ils n'étaient pas tous les deux de nouveau à l'abri dans le Camp... Il ne voulait pas porter l'image moralisatrice aux yeux du jeune et pourtant, quelqu'un devrait bien endosser le rôle. Progressant avec ce qui ressemblait à de la difficulté, le jeune s'approcha du Guerrier roux. Impatient de pouvoir le mettre à l'abri, Griffe Rousse décida néanmoins de ne pas le brusquer, le laissant venir à son rythme et au gré des bourrasques venteuses qu'il affrontait avec un désagrément certain. Et alors qu'il touchait au but, la boule de poils noirs recula brusquement, allant presque s'écraser sur une pierre. Rompant rapidement la distance qui le séparait alors du plus jeune, le matou roux s'inquiéta et le laissa transparaître une petite once dans sa voix :

« Petit Merle ? Est-ce que ça va ? »


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MessageSujet: Re: Juste un stupide merle [PV Griffe Rousse]   Juste un stupide merle  [PV Griffe Rousse] EmptyDim 1 Mar - 0:32


Il perdit d'abord sa vue là-haut dans les arabesques hypnotisantes que décrivaient un gros volatile, puis ses oreilles, qui ne retrouvaient plus leur chemin après s'être fait balayées au loin par le hurlement du vent, et ses pattes, qui ne goûtèrent soudain plus à la morsure glaciale du givre.
L'espace comme le temps n'était que futilité ici. Loin, où on voulait, juste là, dans ce coin de ténèbres où glissait jusqu'à l'existence de sa propre identité.
Un miaulement grave l'arracha à sa dérive. Il chancela un instant, abruti par les sens qu'il recouvrait brutalement, papillonnant des yeux pour chasser les paillettes sombres qui lui brouillaient la vision et les couleurs trop intenses qui succédaient au néant si rassurant, se crispa sous les reproches des bourrasques qui lui remplissaient le crâne de violence. Ca devait être Griffe Rousse.
Il observa le monde qui s'animait devant lui. Oui. Il pouvait discerner sa large silhouette blafarde là, juste là. Qu'avait-il dit? Petit Merle? Est-ce que ça va? Oui. Oui. Evidemment que ça allait. Il avait 4 lunes, il était le fils de la meneuse. Ce n'était que la seule réponse envisageable. Il prit soudain conscience de l'apparence qu'il devait avoir, s'exposant sans gêne aux yeux limpides du grand guerrier: Le vent plaquant sa fine fourrure tout contre sa silhouette sinueuse, dévoilant son ossature lourde, trop lourde pour sa frêle carnation, ses yeux révulsés, luttant contre les ténèbres du malaise, si fort que le bord blanc de ses yeux devait être visible. Si son pelage lui permettait en temps ordinaire de prétendre à un tel âge ou à ce rang, ici il n'en était rien. Chétif tout chétif sous la voûte céleste qui l’écrasait et la lande qui le terrifiait, la honte vint lui léchait les entrailles lorsqu'il s'empressa de lancer, essayant de devancer ses propres pensées:

- Bien! Oui, bien... Et... Et toi?




Zut, ce n'est pas ça qu'il faut dire. Il se força à se redresser, se donnant un coup de langue sur le poitrail dans la vaine tentative de donner du volume à son pelage. Griffe Rousse posait toujours sur lui son regard clair, interrogatif, inquiet et pénétrant. Il savait ce que ce qu'il était. Juste une stupide...

- Merle! Ju...ste un merl... >> Il mordit sa lèvre inférieure et osa rendre son regard à son ainé << Euh un oiseau de proie, il a s...sûrement voulu mmmanger!>> Accompagnant chaque mot d'un mouvement sec de la tête, il conclua sa phrase en étirant sur sa bouche un large sourire niais, incitant le matou à répondre.

Pourtant sans lui laisser le temps d'essayer, il s'avança un peu plus vers son oncle << Je me disais..., Tiens c'est vrai que c'était son oncle, que peut-être il fafallait le... Chasser! Le frère d'Etoile de Rose? Il avait souvent entendu leur histoire, mais ce qu'il en retenait, c'était qu'après l'avoir patiemment écouté, il pourrait se lover tout contre sa douce mère, hors du territ... De notre clan, Grifffe Rousse.>>
Il ponctua sa tirade en imitant tant bien que mal à la posture que parfois, sa mère ou le lieutenant prenaient pour donner de la force à leur propos. Ou peut-être le frère de son père?
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MessageSujet: Re: Juste un stupide merle [PV Griffe Rousse]   Juste un stupide merle  [PV Griffe Rousse] EmptyJeu 5 Mar - 0:41

Le mauvais rôle. Il ne faut pas se leurrer. C'est l'idée d'avoir ce rôle-ci, ce rang d'assigné, qu'il le forçait à rester aussi calme. Intérieurement, il n'avait qu'une envie, faire rentrer le petit de gré ou de force au Camp, et ce, pour sa sécurité. Qu'est-ce qu'Étoile de Rose penserait si elle voyait son petit en dehors du Camp ? Qu'est-ce qu'elle penserait s'il venait à lui arriver quelque chose ? Et qu'est-ce qu'elle pourrait bien penser si en plus de cela, un de ses frères adoptifs, Griffe Rousse, était au courant de tout cela et ne bougeait pas d'un poil ? Elle lui ferait certainement la peau. Et le Guerrier ne se défendrait probablement pas. Elle aurait raison. Pourtant... Et pourtant, il avait fait le choix de prendre toutes les informations avant de faire quoi que ce soit. Pourquoi est-ce qu'il était là ? Pourquoi est-ce qu'il était sorti du Camp ? L'avait-il fait avec une idée en tête ? À cette évocation, le Guerrier se remémora un certain Patte d'Érable qui, à l'époque, s'était aventuré sur les abords du Camp pour partir en quête de mousse. Il voulait aider le Guérisseur, quoi de plus louable. En se remémorant les faits, Griffe Rousse poussa un ronron intérieur. Il ne l'avait pas sermonné ce jour-là. Il lui avait, à la place, servi une leçon de découpe de mousse. Et tout était rentré dans l'ordre. Le petit n'était pas ressorti du Camp, du moins, le rouquin n'était pas au courant d'une telle chose. Et il était fier et content d'avoir appris un petit quelques choses aussi dérisoires soit-il à un petit être avide de savoir. Est-ce que Petite Merle cherchait à apprendre quelque chose ? Est-ce qu'il cherchait à trouver de quoi se rendre utile pour le Clan ? Est-ce que c'était un défi qu'il avait reçu d'un de ses frères ? D'une de ses sœurs ? Si tout un tas de question grésillait dans sa tête, la première a avoir fait irruption et non des moindres était celle de la sécurité. Il lui avait demandé comment cela allait. Non pas que physiquement, il semble diminué ou blessé, mais parce que son attitude était apparue comme craintive à l'apparition du Guerrier. Il espérait que ce ne soit pas sa présence qui lui cause ce mal-être... Il avait toujours tenté d'être des plus prévenants avec toute la fratrie... Il avait toujours essayé d'être un visage serein pour eux, un visage rassurant et familier. Il avait pris son rôle très à cœur, se faisant une place là où il n'en avait peut-être pas une... Les petits avaient un vrai père et s'ils ne le connaissaient pas, ce n'était certainement pas sa place à lui...

Les yeux rivés sur le petit être qui semblait en proie au vent et à une peur certaine, Griffe Rousse ne laissa rien paraître dans son regard ou dans son attitude qui pourrait démontrer une quelconque pitié ou crainte. Il ne voulait pas inspirer une telle émotion à ce petit qui n'avait déjà pas une confiance infaillible en lui. Et c'était peu dire... Petit Merle était un des timides de la portée, un des petits réservés, ayant peur de beaucoup de choses dont il n'a pas déjà fait l'expérience. Petit Éclat aussi se retrouvait être de ce bord timide. Pour autant, le Guerrier faisait preuve de la même attitude, ou presque, qu'avec les trois autres. Inutile pour eux de ressentir un traitement de faveur ou un comportement autrement différent parce qu'ils l'étaient eux-mêmes. Il voulait être le plus juste possible avec tous. Les oreilles grandes ouvertes, il prit toutes les informations que le petit donna. La première étant qu'il prétendait que tout allait bien. Est-ce que cela rassurait le Guerrier ? Peut-être un peu, mais pas complètement. Non pas qu'il remette en doute le petit, mais il savait mieux que lui que les dangers étaient grands en dehors du Camp, surtout pour un Chaton. S'il n'était pas autorisé à sortir, c'était bel et bien pour sa sécurité et parce que les dangers qui rôdent sont bien plus grands que ce qu'une boule de poils de quatre lunes peut imaginer. Puis, quelques secondes après s'être donné un peu de contenance, ou avoir essayé, sous les yeux de son oncle, le petit lui porta une information qui l'inquiéta davantage. Un oiseau de proie ? Ici ? En cette période ? S'il n'en avait pas repéré, ni par le flair, ni par la vision, le Guerrier savait que ces prédateurs, qui pouvaient aussi être proies, étaient de redoutables volatils. Ravalant toute profusion d'inquiétude visible, le Guerrier continua de respirer lentement, sereinement, mais son esprit bouillonnait. Il jeta un coup d’œil circulaire autour de lui, comme pour s'assurer que l'animal dont parlait Petit Merle n'était pas prêt à lui bondir de nouveau dessus. Réfléchissant vite et bien à ce qui semblait être le mieux, il vit une part de courage naître chez le petit chat noir qui fit mine de vouloir s'en prendre à l'oiseau qu'il décrivait, prenant une position maladroite voulant donner un peu de contenance à ce qu'il disait. Ouvrant la gueule après avoir fait un pas dans la direction du jeune, le Guerrier laissa une voix claire et dénuée de toute forme d'inquiétude ou dénigrement :

« Je crois qu'il n'est plus dans les parages. Mais je crois aussi qu'il pourrait vite réapparaître et facilement emporter un chaton de ton âge, voir un jeune Apprenti. Comprends-tu pourquoi nous voulons que tu restes dans le Camp ? Acceptes-tu de rentrer avec moi ? »
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