Wild Spirits
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 Patrouille matinale - Griffe Rousse

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Perce-Neige
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MessageSujet: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyLun 17 Fév - 21:20

Perce-Neige sentit le fumet délicat d’un écureuil parvenir jusqu’à son museau. Elle se mit immédiatement en alerte. La guerrière ferait tout pour pouvoir en faire son repas, incapable de résister à l’appel d’une proie dont elle avait eu si peu l’occasion de goûter. La chatte blanche était seule dans la lande où il faisait nuit. Elle se redressa et se mit à pister sa proie. Elle se sentait très légère et en quelques pas, le décor changea, les hautes herbes de la lande avait laissé place à de grands arbres feuillus. Le soleil filtrait entre leurs feuilles et donnait à Perce-Neige l’impression d’avoir retrouvé la Saison de Feuilles Nouvelles. Elle secoua sa fourrure au contact de la chaleur. Qu’est-ce que c’était agréable.

Elle abandonna sa chasse et se mit à explorer la forêt. La guerrière du Clan du Vent appréciait ne plus avoir à subir ce vent constant qui se trouvait sur son territoire. Au milieu des arbres et de la végétation, elle se sentait à l’abri. Elle semblait enfin sereine et heureuse. Alors que tout était calme autour d’elle, elle sentit un poids la plaquer violemment au sol. Lorsqu’elle leva la tête, elle aperçut un guerrier à la fourrure rousse. Elle le reconnu aussitôt, c’était Griffe Rousse. Il lui semblait si impressionnant, plus grand que d’habitude et Perce-Neige sentit un frisson la traverser des pattes jusqu’au bout des oreilles. Il la foudroya du regard et lâcha ces quelques mots en feulant.

« Tu n’as rien à faire ici. »

Perce-Neige se redressa subitement et regarda autour d’elle. Les guerriers du Clan du Vent était tous endormi autour d’elle, dont Griffe Rousse. Elle réalisa que ce n’était qu’un mauvais rêve. Bizarrement ce qui l’avait le plus dérangé n’était pas l’agressivité inhabituelle de son camarade mais le fait qu’elle ait autant apprécié la forêt. Elle n’était pourtant pas malheureuse dans le Clan du Vent, même si elle ne s’y sentait pas toujours en sécurité.

Ne parvenant plus à se rendormir, Perce-Neige se redressa et sorti de la tanière des guerriers. Il n’était pas si tôt et elle savait qu’elle allait bientôt partir en patrouille. Elle comprit pourquoi elle avait rêvé du guerrier. La guerrière avait déjà dépassé les frontières et était entrée sur le territoire du Clan du Tonnerre sans le vouloir. C’était Griffe Rousse qui l’en avait averti et ils étaient rapidement retournés à l’abri dans la lande. Depuis ce jour, Perce-Neige se montrait beaucoup plus prudente lorsqu’elle était près des frontières.

Aujourd’hui, la chasseuse savait qu’elle partait en patrouille avec le jeune guerrier. Pour être honnête, elle l’appréciait beaucoup. Même si elle le connaissait assez peu, elle aimait son tempérament calme et amical.

La guerrière voulue profiter un peu de la fraîcheur du matin mais un violent coup de vent lui donna envie de retourner au chaud dans la tanière des guerriers. Elle se décida à réveiller Griffe Rousse, le moment semblait bien choisi pour partir en patrouille, les premiers rayons de soleil venaient de se montrer. Elle réveilla le guerrier roux coup de museau contre son dos. Lorsqu’il ouvrit ses grands yeux bleus, Perce-Neige eut un léger frisson en se rappelant son cauchemar, il lui avait semblé si haineux. Mais rien de tout ça ne se trouvait dans le regard de Griffe Rousse, il avait juste le regard fatigué d’un chat que l’on vient de réveiller. La guerrière lui chuchota quelques mots pour expliquer sa venue.

« Bonjour Griffe Rousse. Je me suis dit que le moment serait bien choisi pour partir en patrouille. Tu te souviens ? Hier on nous a assignés à la patrouille de ce matin. »

La guerrière quitta discrètement la tanière pour laisser à son collègue le temps de bien se réveiller et s’approcha de la pile de gibiers qui était quasiment vide. La chatte blanche n’avait plus faim, son rêve semblait lui avoir coupé l’appétit, elle mangerait au retour de la patrouille. Elle patienta donc à côté du tas, se disant que Griffe Rousse voudrait sans doute manger avant de se mettre en route. Elle entreprit de faire sa toilette en l’attendant, elle avait quelques bouts de fougères coincés dans sa fourrure après avoir autant gesticulé pendant son sommeil. Mais pourquoi avait-il fallu qu’elle fasse un rêve comme celui-là ?
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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyLun 17 Fév - 23:10


Épuisé. Affamé. Ce sont ces deux termes qui colleraient le mieux à l'état actuel du Guerrier. Heureux. Retrouvant un goût de vivre qu'il avait perdu. Voilà qui compléterait justement son état d'esprit actuel. L'hiver avait beau faire rage, emmenant avec lui son lot de désolation et de contraintes, il n'en gardait pas moins un nouveau sourire. Lui qui avait tant descendu cette pente. Lui qui pensait avoir déjà touché le fond et qui continuait pourtant de dégringoler, emmenant avec lui toutes les idées positives possibles et toutes les sources qui auraient pu faire son bonheur dans ce trou de désolation. Étrangement, l'angoisse l'avait quitté. Étonnamment, pour la saison, il semblait avoir retrouvé une forme d'énergie nouvelle. Une envie de lutter. Une envie de vivre. Une force qui n'avait pas de pareil. Plume de Sauge n'était pas morte pour rien. Sa vie ne devait pas se résumer à ce départ. Sa vie ne devait pas se résumer à l'écroulement de tout ce qu'elle avait mis tant de temps à bâtir de ses pattes. Non. Il lui devait bien ça. Il lui devait d'être heureux. Il lui devait de retrouver goût à cette existence qui avait tant de sens quand elle était encore là, à veiller sur lui de très près. D'ailleurs, avait-elle cessé de le faire ? Est-ce que le passage de la vie à la mort, du Clan du Vent au prestigieux Clan des Étoiles l'avait empêché de garder cet instinct maternel sur l'un de ses petits ? Griffe Rousse en doutait. Rien ne pouvait l'empêcher de faire ce qu'elle voulait de son vivant, pas même les morales en vigueur, les regards et les réflexions des autres. Elle avait toujours fait parti des audacieuses de ce monde, de ceux pour qui les lois ne sont imposées que par la propre volonté. Elle avait ainsi fait l’éducation de sa portée, en tentant d'inculquer les valeurs qu'elle prenait pour les bonnes, à sa progéniture. Elle avait été contrainte d'adopter les aléas de la vie, elle avait pactisé avec, fait des choix et les avait assumé jusqu'à la fin. Pas même sur sa dernière litière elle n'avait émit de regret à ce sujet. Peut-être aurait-elle dû... Peut-être aurait-elle dû se confesser sur le pourquoi une telle façon de penser et d'agir, pourquoi une telle différence et un tel écart de comportement...

Si elle savait qu'aujourd'hui, celle qu'elle avait tant renié, rejeté et traité comme une paria, avait inconsciemment sorti l'un de ses trois précieux du gouffre, peut-être aurait-elle agi d'une façon toute autre... Elle devait bien le savoir. Elle devait bien en être consciente. Après tout, accéder aux Clans des Étoiles ne permettait-il pas d'accéder aussi à une vue d'ensemble sur les événements des Clans ? Cherchait-elle une solution aux problèmes du Mal Rouge ? Ce même mal qui l'avait emporté ? Est-ce que le Clan des Étoiles y étaient seulement pour quelque chose ? Laissait-il faire cette épidémie en regardant simplement cela comme une épreuve à surmonter pour tous ? Le rouquin l'ignorait. Les questions fusaient dans sa boîte crânienne qui elle ne sommeillait pas. Le reste de son corps était totalement éteint, inerte, immobile sur une paillasse de fougères et d'herbes sèches. Collé contre ses camarades, il était plongé depuis la veille dans un sommeil qu'il était soulagé d'avoir retrouvé. Un sommeil sans rêve, un sommeil plein d'un tumulte de questions auxquelles il était bien incapable de répondre, mais bien loin des cauchemars qui le pourchassaient il y a encore quelques nuits... Il avait fait l'impasse sur le sommeil, vivant continuellement dans un état de fatigue, de stress et de désespoir permanent. Et pourtant, il n'en avait jamais rien laissé paraître aux autres. Il avait gardé pour lui ces machinations, les inquiétudes et la tristesse qui le rongeait de l'intérieur. Et s'il aurait certainement trouvé du soutien en se dévoilant davantage au reste de son Clan, il n'avait voulu donner ce fardeau à personne. Et finalement, il remontait la pente grâce à ce Clan qui continuait de vivre et en partie grâce à ces nouvelles boules de poils chétives et fragiles qui comptait sur lui comme sur les autres membres de son Clan. Secoué par un petit, je ne sais quoi humide, Griffe Rousse sorti de son sommeil sans trop d’inquiétudes, remuant rapidement des oreilles avant d'ouvrir ses yeux en grand, surpris qu'on vienne ainsi le trouver. Une femelle au pelage immaculée de blanc, deux yeux bleus qui le dévisageaient et finalement, des mots glissés pour lui rappeler qu'il avait des devoirs. Prenant une demie-seconde pour remettre ses idées en place, lançant un coup d’œil au ciel qui commençait à peine à se charger de couleurs et de lumières, il s'étira, s'extirpa de la douce étreinte de chaleur que formait l'amas de ses camarades et alla rejoindre Perce-Neige en la saluant :

« Bien le bonjour Perce-Neige. Je te suis, nous partons quand tu le souhaites. »


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyMar 18 Fév - 15:53

Perce-Neige arrêta sa toilette en entendant Griffe Rousse la saluer. Il avait bonne mine, la guerrière regrettait presque de ne pas avoir pu le laisser profiter un peu plus longtemps de sa nuit. Elle se redressa, apparemment le guerrier au pelage roux n’avait pas faim non plus. De toute façon, la pile de gibier n’avait pas grand-chose à offrir aux deux guerriers. Même si les jours commençaient à se rallonger, c’était encore la Mauvaise Saison et les proies se faisaient beaucoup plus rares que le reste de l’année.

La guerrière avait eu le temps de se rendre un peu plus présentable avant qu’il n’arrive, mine de rien elle n’aimait pas l’idée qu’on la voit dans l’état qu’elle avait eu en se réveillant. Perce-Neige aimait prendre soin d’elle et elle faisait en sorte que sa fourrure soit toujours parfaitement propre. Un pelage comme le sien se devait d’être entretenu parfaitement. Surtout lorsqu’elle partait en patrouille avec un guerrier comme Griffe Rousse. Il était certes beaucoup plus jeune qu’elle, mais elle se réservait tout de même le droit de rêver un peu. Il n’y avait pas de mal à ça.

Perce-Neige fut la première à sortir du camp suivie ensuite par son camarade. Elle salua Croc de Terre qui montait la garde et les deux guerriers se mirent en route. Au bout de quelques pas, elle se sentit beaucoup mieux et son cauchemar semblait déjà oublié. Rien ne valait une longue promenade pour oublier ses soucis. Dès qu’elle sortit à découvert dans la lande, une grosse bourrasque vint la refroidir et la guerrière frissonna. Elle attendait avec impatience le retour de la Saison des Feuilles Nouvelles et le retour de la chaleur. Elle chassa dans son esprit l’image réconfortante de la forêt de son rêve, ce n’était pas le moment de penser à ça.

La chatte au pelage blanc décida de reporter son attention sur le guerrier qui l’accompagnait. Il était derrière elle et suivait son allure. La guerrière décida de ralentir pour se mettre à sa hauteur avant d’engager la conversation.

« Je suis allée voir les petits d’Étoile de Rose hier. Ils sont adorables ! Étoile de Rose a l’air très heureuse, ça me fait plaisir de la voir comme ça. Je te vois parfois te glisser dans la pouponnière pour leur rendre visite, tu t’entends bien avec eux ? »

Pour être honnête, Perce-Neige pensait avoir des petits bien avant son ancienne apprentie. La nouvelle de la grossesse d’Étoile Rose lui avait fait un choc. Malgré tout, elle était très heureuse pour elle, avoir des petits lui apporterait sans doute beaucoup de bonheur.

Perce-Neige avait vu à plusieurs reprises le guerrier roux entrer dans la pouponnière. À vrai dire, elle était curieuse de savoir comment un guerrier comme Griffe Rousse pouvait se débrouiller avec cinq petits chatons dans les pattes. Elle secoua les moustaches, amusée en imaginant la scène.
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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyMar 18 Fév - 23:30


Se réveiller. Émerger. Sortir de cet état de bien-être réparateur. On peut choisir de le faire par soi-même. Mais l'on peut aussi en être malencontreusement tiré sans en avoir fait le souhait. Est-ce qu'il y avait un réveil plus doux que celui auquel il avait eu droit ? Peut-être bien celui qui vous sort de lui-même des bras de Morphée, celui que l'on pourrait proclamer de choix. Seulement voilà, en plus d'être une exception qui confirme la règle, il est parfois nécessaire d'être bousculé. Et il n'avait pas trouvé trop pénible ou impromptue la façon avec laquelle il avait retrouvé les éveillés cette fois-ci. Perce-Neige y avait été avec une douceur et une camaraderie qui n'était pas toujours évidente pour chacun. Pour diverses raisons, parce que l'humeur du commanditaire ne s'y prête pas, parce que les liens qui unissent les deux concernés ne sont pas les meilleures, par taquinerie, par familiarité parfois et même plus rarement parce que la situation exigeait un réveil immédiat. Est-ce qu'il avait trop dormi ? Est-ce qu'il avait ou allait oublier cette patrouille qu'on lui avait assignée hier ? Non. Pas vraiment. Par ailleurs, il ne lui semblait pas avoir trop tardé dans sa couchette. Mais qui sait, le temps passait avec une telle altération, une telle inexactitude, pour celui qui profite du bienfait de cette somnolence profonde. Quoi qu'il en soit, maintenant que ses yeux étaient ouverts, que ses pattes supportaient le poids de son corps, il ne comptait pas faire machine arrière. Et puis, Perce-Neige avait bien fait de le sortir de son état de léthargie avant que l'aube ne soit totalement-là, ils auraient ainsi plus de temps pour patrouiller. Ils ne risqueraient pas ainsi de passer un peu trop vite sur un bout de territoire ou même de rogner sur ce dernier, ce qui ébranlerait assurément la mission de patrouille qu'ils s'étaient vus offerts. Faute de proies en nombres suffisants, Griffe Rousse n'eut pas le loisir de remplir son estomac vide depuis la veille. C'est par ailleurs pour cette même raison qu'ils ne seraient que deux sur cette patrouille, là où par habitude, les félins étaient dépêchés en plus grand nombre, Étoile de Rose préférait donner plus de chance à la chasse et à raison.

Pour cette raison, la Saison des Neiges avait cet aspect un peu plus propice aux petits écarts sur le Code du Guerrier de la part de certain. La faim et la peur travaillaient indifféremment les âmes guerrières qui en perdaient parfois leur bon sens et leur décence. Il ne viendrait pas à l'idée du rouquin de tacher la réputation de son Clan et de sa personne pour simplement avoir une chance de plus de manger. À choisir entre dormir le ventre vide, la conscience tranquille, et dormir la panse pleine et l'esprit accablé de remords, il n'y avait pas de quoi hésiter. Fier ? Peut-être un peu. Respectueux ? Bien plus que d'orgueil. Après tout, pourquoi se conformer à vivre avec ce mode de vie et ayant fait le choix de suivre ces règles, si c'est pour les bafouer et les piétiner à la première occasion ? Ayant retrouvé la fonction totale de tous ses sens et de son esprit au moment même où il avait refermé sa gueule, le mâle se rendit compte qu'il n'avait pris aucune peine à soigner son apparence, là où la Guerrière semblait avoir soigneusement lustré son pelage. Et si cela ne rattrapait en rien sa négligence et sa hâte, le rouquin laissa son pelage prendre un peu de volume, le gonflant légèrement, ne serait-ce que pour masquer la démarcation de sa musculature et de son ossature derrière sa maigreur. Un sourire franc logé sur la face, il concéda la place de meneuse de cette patrouille à son aînée et suivi sans broncher les directives émises pour le départ. S'il lui était arrivé d'être revêche par le passé par simple envie d'opposition, et par stupidité peut-être, il réservait aujourd'hui ce côté de sa personne aux décisions qu'il ne partageait pas. Après avoir salué rapidement Croc de Terre qui montait la garde, le Guerrier cala son rythme sur celui de Perce-Neige. Il veilla à lui laisser une amplitude de différence pour lui laisser les rênes officielles de cette délégation bien légère. Silencieux, ne bronchant pas, n'allant même pas moufter sur le choix de la direction prise, il accueillit avec un léger rictus la remarque que lui glissa la chatte blanche venue le rejoindre en tarissant un peu son allure. S'il se laissa une seconde de réflexion sur les termes à employer, il répondit de bon train et avec une voix amusée :

« Eh bien, j'aurai dû faire plus attention à mes arrières, je suis surveillé de près ! Mais oui, en effet, ils sont attachants. C'est peut-être idiot, mais j'ai l'impression de leur être redevable de quelque chose, comme si cela pouvait effacer l'ignorance avec laquelle j'ai traité Étoile de Rose pendant tant de lunes. Au final, on prend goût à passer du temps avec ces chenapans, on oublie un peu les difficultés du moment quand on les voit s'agiter avec cette naïveté enfantine. Et puis, je crois que je leur sers un peu de figure masculine ! »


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyMer 19 Fév - 23:09

Après avoir questionné son collègue, elle le regarda avec curiosité, impatiente de connaître son ressenti et de savoir comment il s’en sortait avec les petits de sa sœur. Le guerrier roux semblait d’humeur à discuter puisqu’il répondit à Perce-Neige d’une voix amusée.

« Eh bien, j'aurai dû faire plus attention à mes arrières, je suis surveillé de près ! Mais oui, en effet, ils sont attachants. »

La guerrière au pelage blanc ne put s’empêcher de se sentir nostalgique. Elle n’était qu’une jeune guerrière quand les petits de Plume de Sauge étaient nés et désormais l’un d’eux se trouvait à ses côtés pour l’accompagner en patrouille. Elle pouvait encore se souvenir de ces trois chatons enjoués et infatigables. Elle comprenait parfaitement ce que ressentait Griffe Rousse. Les chatons sont du genre plutôt collants et très curieux.

« C'est peut-être idiot, mais j'ai l'impression de leur être redevable de quelque chose, comme si cela pouvait effacer l'ignorance avec laquelle j'ai traité Étoile de Rose pendant tant de lunes. »

Elle hocha la tête doucement, la guerrière avait remarqué au fil des lunes que Griffe Rousse ne s’était pas particulièrement attaché à sa sœur adoptive Étoile de Rose. Perce-Neige n’avait jamais réellement compris pourquoi, est-ce que les liens du sang comptait tant pour lui ? À l’époque, elle en avait parlé à de nombreuses reprises avec le mentor de Griffe Rousse, lui proposant de faire des entraînements en commun pour les rapprocher. Mais malheureusement, rien n’y faisait, ils ne semblaient pas vouloir s’entendre. Cela avait beaucoup frustré la guerrière qui savait à quel point Étoile de Rose était exceptionnelle et qu’elle n’avait pas mérité de se faire ignorer ainsi par ses deux frères.

Malgré tout, il semblait que depuis quelques lunes leur relation s’était améliorée et cela rassurait la guerrière de savoir qu’Étoile de Rose pouvait compter sur ses frères et sœurs en cas de besoin. Perce-Neige savait à quel point il était précieux de rester proche de sa fratrie, elle-même appréciait se confier à ses deux frères lorsqu’elle se sentait mal.

«  Au final, on prend goût à passer du temps avec ces chenapans, on oublie un peu les difficultés du moment quand on les voit s'agiter avec cette naïveté enfantine. Et puis, je crois que je leur sers un peu de figure masculine ! »

Perce-Neige le regarda d’un air amusé. Il avait sans doute raison, sans père, il était tout naturel que les chatons se tournent vers leur oncle. Il était évident pour la guerrière que son camarade ferait un bon père. S’occuper des chatons d’Étoile de Rose était pour lui l’occasion de découvrir une autre facette de lui. Les chatons ont tendance à faire ressortir des sentiments en nous que l’on ne retrouve qu’avec eux. La guerrière ne put se retenir de penser au fait qu’elle n’avait toujours pas eu de chaton. Toute sa vie, elle en avait rêvé mais l’occasion ne s’était jamais présentée à elle. Décidément, le temps passait trop vite.

Mais, elle laissait son destin au Clan des Étoiles, s’il décidait que son avenir était sans chaton alors elle l’accepterait. Elle chassa cette idée noire et se concentra sur son interlocuteur, il n’était pas question d’elle mais des adorables boules de poils qui animaient actuellement la pouponnière. La guerrière s’approcha de lui et lui donna un coup d’épaule amical avant de lui répondre d’un ton enjoué.

« Je suis sûre qu’ils t’adorent déjà ! C’est bien que tu sois là pour eux, ils en ont besoin. Profite de leur bouille adorable tant que tu peux. Tu vas voir, ça grandit trop vite ces petites bêtes, tu tourneras le dos quelques instants et ils seront déjà guerriers et rameneront fièrement des proies pour nourrir le Clan. Et crois-moi ils seront beaucoup moins mignons. Tiens, regarde-toi, tu étais si mignon quand tu n’avais que quelques lunes. Maintenant je suis en face d’un chat plus grand que moi. Pfff ! Tu n’as plus rien de mignon maintenant. Même si tu as gardé tes grands yeux bleus, ça, ça n’a pas changé. »

Perce-Neige dévisagea son camarade d’un air amusé. Elle avait omis le fait que maintenant, certes, il était moins mignon mais qu’il était devenu un guerrier imposant et qu’elle était loin de le trouver repoussant. Elle détourna son regard du guerrier et aperçut qu’ils n’étaient plus dans la lande. Ils s’étaient déjà bien éloignés du camp et s’approchaient de la frontière avec le Clan de la Rivière. Le bruit de l’eau commençait tout juste à se faire entendre.


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyJeu 20 Fév - 0:24

Le silence. Il en avait bien suffisamment profité dans son sommeil... Avant que Perce-Neige ne vienne le cueillir, l'amenant doucement vers l'éveil, c'était ce calme omniprésent qui régnait en maître. Pas un bruit, pas un gazouillis d'oiseau, pas même le souffle d'une respiration. Le vide total. Ses oreilles, ses tympans, si habiles pourtant, si précis de son éveil, ne captaient aucune onde sonore. Si cela avait une dimension pouvant être considérée comme reposante, voir relaxante, ce n'était en rien en phase et en prise avec la réalité. Certains pourraient même y voir quelque chose de profondément angoissant. Raisonnablement, il avait retrouvé la faculté d'entendre dès lors qu'il avait immergé. Et s'il avait cheminé sans parler sur les talons de la Guerrière depuis qu'ils avaient levés l'ancre du Camp, il captait bel et bien des sonorités et des résonances de ce bas-monde. Il avait accueilli avec un étrange réconfort la voix de la Guerrière qui, salvatrice, était venue rompre cette marche silencieuse. Aussi subtilement et simplement que cela, la femelle blanche venait de rendre le moment un peu moins fastidieux et assommant, mettant de la vie dans un affairement si sérieux. Et le rouquin mentirait s'il ne s'en trouvait pas animer d'une forme de plaisance. Avoir un peu de compagnie lui faisait du bien. Il lui semblait en avoir cruellement manqué ces dernières lunes alors qu'il se morfondait, seul, dans son coin. Il avait été là sans vraiment l'être, se damnant lui-même dans un silence de son ressenti et de ses émotions. Oh, il n'avait pas quitté le Clan, ni même ses occupations de Guerrier... Non, il remplissait même toujours avec la même efficacité et régularité les devoirs qui lui était imposé par son statut. Seulement, il ne profitait plus des échanges, des moments de complicité, des petits bonheurs de la vie, des sourires des uns, des ragots des autres. Il s'en était lui-même imputé, s'en était délibérément privé... Et tout cela lui avait manqué. Et s'il ne s'en était pas rendu compte sur l'instant, bien trop empêtré dans sa phase de dépressive, il en mesurait aujourd'hui tous les tenants et toute l'importance. Cette importance que l'on peut donner à des choses simples et dérisoires, mais qui procure un état de satisfaction profond. Un égard simple, mais qui fait toute la différence aux yeux du cœur. Enfin, il rouvrait les yeux et les oreilles. Enfin, il ébrasait de nouveau les portes de son être, laissant entrer une lumière que seul des êtres proches pouvaient faire resplendir. Enfin, il était de nouveau capable d'entendre.

Léger. Il en avait probablement trop dit. Il en avait dit plus qu'à l'accoutume, et c'était une certitude, inutile de perdre un temps précieux à le démontrer. Lui qui réfléchissait bien trop souvent à ce qu'il allait dire pour ne pas faire d'erreur, lui qui mesurait bien trop souvent ses propos pour ne pas se mélanger, heurter la conscience des autres ou simplement amorcer un sujet qu'il ne voudrait pas aborder plus en détail, avait abaissé légèrement sa garde. Pourquoi ? Et pourquoi pas... Pourquoi les autres auraient-ils tout le loisir de le faire et pas lui ? Pourquoi ne pas simplement profiter d'un instant simple de partage, sans se miner, sans forcément penser aux conséquences de toutes choses dites et sujettes à des interprétions aussi diverses et variées qu'il existe d'interlocuteur ? Griffe Rousse ne connaissait pas parfaitement la Guerrière blanche qui trottinait à ses côtés, mais il la savait de son Clan. Pour l'avoir côtoyé dans des occasions similaires, dans un partage de tâches, dans un travail d'équipe ou simplement parce qu'elle était l'ancienne Mentor d'Étoile de Rose, il n'avait jamais rien capté de mauvais en elle, au contraire. L'avis qu'il s'en faisait n'avait jamais consigné d'accroc majeur dans son comportement ou dans ses actes. Et puis, cela faisait simplement du bien de faire preuve d'un peu de spontanéité et de lâcher prise. Lui qui portait si souvent le poids de son monde sur les épaules avait aussi droit de se sentir léger de temps à autre. Intérieurement, il soupira et se laissa aller à la décontraction. Lui aussi avait simplement le droit d'être lui-même, de dévoiler un peu de sa personne, de faire preuve d'un peu plus d'engouement même si tout ne s'y prêtait pas. Et à cette pensée idiote et légère pour certains, il laissa le sourire qui avait poussé sur ses lèvres s'élargir. Tant pis s'il était familier, tant pis si on le lui reprochait un jour ou l'autre. Il en aura au moins profité pour voler quelques secondes de bonheur et de simplicité à la vie. Ses yeux bleus logés dans ceux de la femelle, il se sentit un peu plus libre et léger. Et comme si cette sensation pouvait avoir été partagée entre deux êtres si ignorants l'un de l'autre, Perce-Neige vint lui donner un coup d'épaule amical et lui répondre sur un ton presque égal à celui qu'il avait emprunté. Des mots chaleureux, bien loin des problèmes qui pesaient sur le Camp, un simple échange bénin, mais qui réchauffaient le cœur du matou. Et alors le paysage visuel et sonore se mua, annonçant l'arrivée sur la frontière avec le Clan de la Rivière, Griffe Rousse prenant un faux air bougon, ronronna presque à l'attention de la Guerrière :

« Comment ça, je n'ai plus rien de mignon ? Je crois que vous faites une erreur de jugement, m'dame. C'est vrai que ça grandit vite... Mais que veux-tu, tous les oiseaux finissent par savoir voler, pas vrai ? Et c'est peut-être bien mieux ainsi. »


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyJeu 20 Fév - 23:15

La guerrière ressentie une joie immense en remarquant que Griffe Rousse était réceptif à ses paroles. Elle se sentit gênée d’en être aussi heureuse, décidément, son camarade lui faisait beaucoup trop d’effet. Elle ne devait pas pour autant se laisser trop espérer, il y avait de nombreuses guerrières plus jeunes qui devaient sans doute intéresser le rouquin. Malgré tout, elle appréciait cet échange avec lui, même si ce n’était qu’en toute amitié. Elle remua avec amusement ses moustaches en voyant le faux air vexé de son collègue.

« Comment ça, je n'ai plus rien de mignon ? Je crois que vous faites une erreur de jugement, m'dame. »

Il avait en partie raison, Perce-Neige trouvait que son air boudeur avait quelque chose de mignon, avec ses grands yeux bleus qui la dévisageaient et son petit museau froncé. Elle avait presque envie qu’il reste comme ça.

« C'est vrai que ça grandit vite... Mais que veux-tu, tous les oiseaux finissent par savoir voler, pas vrai ? Et c'est peut-être bien mieux ainsi. »

Perce-Neige acquiesça d’un hochement de tête. Effectivement, il était bon pour le Clan de voir les chatons grandir et devenir des guerriers valeureux prêt à aider les autres. La guerrière ne pouvait nier ça et à vrai dire, elle préférait Griffe Rousse tel qu’il était aujourd’hui, aussi adorable qu’il avait été étant petit. Elle-même ne regrettait pas l’époque de la pouponnière, dès son plus jeune âge, elle voulait déjà aider le Clan et avait pris cette tâche très à cœur lorsqu’elle était passée apprentie. Elle se tourna à nouveau vers le guerrier au pelage roux et répondit avec douceur comme elle avait l’habitude de le faire.

« Tu as sans doute raison. Tu m’aurais beaucoup trop ralenti dans cette patrouille si tu étais resté un chaton, » Elle regarda avec malice son interlocuteur, elle était d’humeur taquine. « déjà que c’est le cas alors que tu es guerrier, je n’imagine même pas. »

Sans attendre sa réponse, elle accéléra le pas comme pour confirmer ses dires. Elle aimait beaucoup le taquiner et souhaitait que cette conversation ne se termine jamais. Il était agréable de partager du bon temps avec un ami sans penser à rien d’autre. Tous ses problèmes semblaient s’être évaporés et elle passait juste un agréable moment en bonne compagnie. Elle ne fit que quelques pas avant de se retourner vers le guerrier. Elle le regarda d’un air qui se voulait provocateur, secouant la queue vivement.

« Bah alors, tu traînes là, je suis trop rapide pour toi, c’est ça ? »

Elle savait pertinemment qu’il était aussi rapide qu’elle, mais elle aimait l’idée de le réveiller un peu en le faisant courir. De plus, la guerrière aimait l’idée de courir, lorsqu’elle était apprentie, elle affrontait souvent ses deux frères à la course. Elle gagnait à chaque fois ce qui la rendait toujours très fière. Désormais, elle était guerrière et n’avait plus le temps de s’amuser ainsi. C’est pour cela qu’aujourd’hui elle voulait en profiter, surtout que cela lui permettrait de partager des moments avec Griffe Rousse et de se rapprocher un peu plus de lui.


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyVen 21 Fév - 3:55

Grandir. Pousser. S'élever. C'était là l'essence même de la vie. Tout comme la naissance était le commencement. Tout comme la mort était la finalité. Grandir était le fil conducteur. Qu'on le veuille ou non. Qu'on cherche à s'en défaire ou non. Qu'on aille dans son sens ou non. La vie était têtue. La vie était inchangeable. La vie avait sa part d'immuable. On ne pouvait pas en faire ce que l'on voulait. On ne pouvait pas revenir sur des principes aussi élémentaires que celui-ci. Quel être fou pense-t-il pouvoir aller contre le temps qui passe ? Qui voudrait rester la minuscule chose qu'il était à la naissance ? Aveugle, sourde, presque nue, incapable de maintenir tout seul sa propre température, incapable de pourvoir à ses propres besoins, dépendants. Qui pouvait vouloir d'une telle existence à jamais ? S'il existait un pareil personnage, ce n'était pas le cas de Griffe Rousse. Il était content d'avoir grandi. Il était content d'être devenu cette chose informelle que l'on catalogue comme un chat adulte. Il était fier de son indépendance. Il était même fier de pouvoir faire perdurer le cycle de la vie à sa manière. S'il n'était pas père directement, il aidait chaque aube de vie, ne serait-ce qu'en remplissant ses devoirs de Guerriers. Après tout, il avait accepté de nourrir les Anciens pour service rendu au Clan, mais aussi les Chatons qui viendraient à rendre dans le futur ce même service. Un jour, ces Chatons qu'il nourrissait viendraient grossir le rang des Guerriers. Après un apprentissage poussé, ils mériteraient ce titre. Ils prêteraient allégeance à leur Clan, à leurs camarades, à leur Meneur. Ils prendraient une décision des plus importante, ils accepteraient leur titre honorifique, mais aussi les devoirs immuables à ce dernier. Ils accepteraient de défendre leurs camarades au péril de leur propre existence. Ils accepteraient aussi de nourrir à leur tour, les Chatons et les Anciens. Et un jour, s'ils vivaient tous assez longtemps, ils seraient ceux qui viendraient nourrir Griffe Rousse devenu Ancien. Ils rendraient ainsi la pareille au félin roux, rendu dépendant par les lunes et les rhumatismes acquis. Bien sûr, il était bien tôt pour penser à tout cela. Griffe Rousse était encore jeune, dans la fleur de l'âge, et les petits dont il parlait avec Perce-Neige n'étaient pas même encore prêt à devenir Apprenti.

Souriant. Voilà longtemps qu'il n'avait pas été aussi honnête avec lui-même et avec les autres. Cela lui faisait un bien fou. Enfin pouvoir relâcher la pression. Enfin, il pouvait souffler et se comporter normalement. Il se permettait même de s'amuser, de taquiner. Il comprit rapidement que la femelle blanche était branchée sur la même longueur d'onde que lui. Pouvoir parler librement et sans craindre d'être jugé avait quelque chose de très agréable. Le Guerrier en mesurait pleinement les effets sur son cerveau qui libérait de l'endorphine, hormone du bonheur. Effaçant le froid, effaçant la faim, effaçant les dangers, effaçant un instant le Mal Rouge qui touchait encore les Clans, ce moment de répit profitait au mental du félin. Décompresser. Lui qui était si simple et si raisonnable se laissa aller à un côté taquin qu'il avait perdu depuis longtemps. Et pourquoi pas ? souffla une voix dans sa tête. Ne lâchant le regard de la Guerrière que pour s'assurer de là où il mettait les pattes, Griffe Rousse ne tenait pas particulièrement à se ridiculiser en chutant sur un je ne sais quoi. Son air bougon disparu presque immédiatement après avoir refermé sa gueule. Il n'était franchement pas le plus doué pour tenir un tel rôle. Et pourtant, il avait tendu le bâton à Perce-Neige pour se faire battre en ce sens. Et elle n'hésita d'ailleurs pas à s'en saisir pour lui en assener un coup, rebondissant avec une voix amusée sur le sujet de la jeunesse. Lui, la ralentir ? Joignant l'action à la pique, Griffe Rousse vit la femelle accélérer et tenter de mettre de la distance entre eux. Prenant une mine qu'il voulait un peu plus boudeuse et sérieuse, il se prit au jeu. Au final, les corps grandissaient. Mais peut-être que certains esprits restaient à jamais bloquer dans l'enfance. Retrouvant une part perdue et lointaine d'infantilisme, il suivit la femelle dans son jeu. Lui qui était si sérieux tout le temps, ne pouvait-il pas se permettre un petit écart sans conséquences ? Et alors que la femelle le nargua d'une nouvelle mise au défi, le rouquin accéléra, la rattrapant sans peine. Il lâcha d'une voix bravade, avant d'accélérer encore un peu plus :

« Ralentir ? Moi lent ? Je crois que vous faites erreur m'dame, je ne faisais que suivre votre rythme de croisière. »


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyVen 21 Fév - 23:19

Sans surprise, le matou rattrapa Perce-Neige rapidement. Après tout, les guerriers du Clan du Vent étaient connus pour leur vitesse et Griffe Rousse n’y faisait pas défaut. La guerrière ne se gêna pas et profita des quelques instants qu’il prenait pour la rejoindre pour l’observer. Elle pouvait apercevoir sous sa fourrure d’imposants muscles qui bougeait à chacun de ses pas. À vrai dire, elle était rassurée de savoir qu’il était dans son Clan. Au combat, Perce-Neige n’aura pas tenu très longtemps face à un guerrier comme lui. Cela dit, la femelle n’était pas particulièrement douée face à la force brute, elle se devait d’utiliser son agilité et sa vitesse pour s’en sortir ce qui pouvait se montrer parfois beaucoup plus fatiguant. Lorsque le rouquin arriva à sa hauteur, la guerrière sortit de son petit état d’admiration et lui lança à nouveau un regard taquin. Son camarade lui répondit d’un air de défi.

« Ralentir ? Moi lent ? Je crois que vous faites erreur m'dame, je ne faisais que suivre votre rythme de croisière. »

Il accéléra après ces quelques mots et Perce-Neige prit un air boudeur, presque sincère, avant de remuer ses moustaches, finalement amusée par les paroles du matou. En temps normal, elle aurait pu se vexer, mais elle se rendait bien compte qu’il ne le pensait pas. Mine de rien, elle aimait bien qu’il la taquine, cela prouvait qu’il se sentait en confiance à ses côtés. Elle avait vraiment l’impression de découvrir une nouvelle facette de la personnalité de Griffe Rousse, ce qui lui plaisait beaucoup. C’était la première fois qu’il s’ouvrait autant à elle.

Elle se mit à courir un peu plus rapidement pour le rattraper. Elle appréciait particulièrement le contact de ses coussinets avec l’herbe humide et la légère brise qui lui venait lui effleurer le visage. Cette patrouille resterait gravée dans ses souvenirs, elle passait réellement un bon moment avec lui. À vrai dire, jusqu’ici, elle ne pensait pas que le guerrier pouvait se montrer aussi amicale et agréable. Elle l’avait toujours trouvé un peu distant et pas toujours facile à aborder. Mais aujourd’hui, elle s’était rendu compte qu’elle avait eu tort et regrettait énormément de ne pas avoir essayé de se rapprocher de lui plus tôt.

Alors qu’elle n’était qu’à quelques longueurs de queue de lui, elle lui lança gaiement quelques mots.

« Tu vas voir si j’ai un rythme de croisière ! Attention j’arrive ! »

Lorsqu’elle avait prononcé ces quelques mots, elle avait eu le temps de rattraper son nouvel ami. Au dernier moment, elle plia ses pattes arrières avant de bondir de toute sa longueur sur Griffe Rousse. Elle crut d’abord qu’elle n’aurait pas un poids suffisant pour le renverser, mais elle ne sentit aucune résistance de sa part et ils tombèrent tous les deux un peu plus loin dans l’herbe. Elle ne put retenir un éclat de rire, elle avait l’impression d’être à nouveau un chaton à jouer ainsi. Celui lui faisait beaucoup de bien et elle n’avait nullement envie que cette patrouille s’arrête. Elle était contre lui et se chamailla gentiment avec lui en lui donnant de petit coup de patte inoffensifs dans le ventre.

« Alors ? Tu vois, je ne suis pas si lente ! Par contre, je ne suis pas sûre d’être prête à me battre contre toi. »

Sur ces quelques mots, elle lui donna un petit coup sur le museau avec sa patte, avant de ronronner vivement, amusée par leur petite escapade.


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyLun 24 Fév - 4:21

Libre. Se sentir libre. Capter l'ivresse de cette émotion. Quel doux sentiment. Quelle merveilleuse sensation. Voilà longtemps que Griffe Rousse ne s'était pas senti aussi léger. Il était si bon de se sentir ainsi, si transparent, si fluet, comme s'il n'était guère plus lourd qu'une plume. C'était comme-ci le poids qui l'amenait au sol jusqu'alors, pesant lourdement sur ses épaules, s'était envolé en un battement de cils. Et ce n'était pas qu'une question d'état physique, même s'il était vrai que l'hiver ne lui rendait pas grâce tant la faim l'avait travaillé au corps. Non. C'était une toute autre chose. Une toute autre affaire. Rien à voir avec cet état-là. C'était comme-ci, un petit quelque chose, là, tout au fond de lui, avait tout naturellement lâché prise. Ce petit je ne sais quoi qui l'amenait à penser qu'il était responsable de tout et pour tout ce qui pouvait bien arriver. Cette petite bricole venait de couler dans les tréfonds de son esprit sans qu'il n'y voie d'objection majeure. Au contraire, cela lui faisait un bien fou. Une sensation inaltérable et sans pareille. Pourquoi n'avait-il pas agi de la sorte plus tôt ? Pourquoi ne pas s'être libéré de toute cette pression, devenue avec les lunes habituelle, plus souvent ? Juste pour avoir le loisir de profiter, un court instant, d'un moment d'évasion amplement mérité. Courir comme un Chaton à travers les Landes, faisant la course avec un autre chat, comme au bon vieux temps Voilà qui le ferait passer pour un écervelé dans bien des regards épris de jugement. Pourtant, revenir un peu en arrière, soustraire les lunes qui étaient passées bien vite et recouvrir à une insouciance légère n'avait pas d'homologue. Une innocence volubile qu'il regrettait amèrement. Et pourtant. Tous les Chatons n'ont qu'une envie : grandir. Et comme tout chat rendu adulte par les jours passés, il avait été l'un d'eux. Il avait été de ceux qui voulait vite devenir Apprenti, puis Guerrier, et ce, très rapidement. Comme beaucoup d'autre, il souhaitait avant l'heure commencer à s'entraîner et à sortir du Camp, pourtant, il a toujours fait preuve de réserve et de raison.

Il voulait se rendre utile aux siens. Il voulait pouvoir sortir du Camp. Il voulait être capable de chasser. Il voulait apprendre et être apte à défendre ses camarades. Il avait des rêves qu'il avait tous atteint. Était-il arrivé au bout du chemin ? Était-il arrivé à sa place ? Était-il heureux, au bout du compte ? Le rouquin laissa la question planer dans son crâne un court instant avant de simplement l'éjecter. Le bonheur est quelque chose d'illusoire. Le bonheur est quelque chose de fragile et de temporaire. Il ne dure pas. Il n'est pas régulier. Et c'est peut-être pour cela qu'il comble les êtres lorsqu'ils le perçoivent. Le sourire aux lèvres, les moustaches qui frémissent sous les courants d'air et la gaieté de l'instant, le Guerrier envoya bouler la raison et la sagesse pour un temps. Il déconnecta son esprit, si réfléchit, pour simplement profiter de l'instant présent. Le sourire aux lèvres, les moustaches qui frémissent sous les courants d'air et la gaieté de l'instant, le Guerrier envoya bouler la raison et la sagesse pour un temps. Le plaisir. La joie. La gaieté qui emplissait son cœur à ce moment-là n'avait probablement pas d'égal. Quand il eut fini de défier Perce-Neige, il ne prit pas même la peine de jeter un regard derrière son épaule. Il était sûr et certain qu'elle le suivait. Pourquoi ? Parce qu'elle avait été l’investigatrice de tout ce remous. Et puis peut-être aussi parce qu'elle n'était pas si lente qu'il semblait le prétendre en la raillant gentiment. Elle ne laissa, d'ailleurs, pas les fredaines enfantines du Guerrier sans réponse bien longtemps. Ces deux-là qui n'avaient jamais vraiment rien partager de complices semblaient s'être trouvé, aujourd'hui. Il l'entendit le narguer d'une voix amusée en jouant sur les mêmes termes que lui avait pu employer quelques secondes avant. Ne ralentissant pas la cadence, le rouquin continua d'allonger les foulées, sachant très bien que si elle le voulait, elle le rattraperait sans mal. Et s'il s'attendait à ce qu'elle finisse par le faire, ce ne fut pas vraiment l'option que la femelle au pelage blanc comme neige choisi. Le regard toujours fixé vers l'avant, entendant de ses deux oreilles qu'elle le talonnait d'une ou deux longueurs de queue, il sentit un poids lui tomber sur le dos. Il aurait probablement pu résister à cette charge si son état était un peu plus conséquent, mais ce n'était pas le cas... Amené au sol, s'effondrant de sa modique hauteur, le Guerrier avait laissé une grimace s'afficher sur son faciès le temps de comprendre ce qui se passait. Grimace rapidement effacée au profit d'un sourire franc, lorsqu'il capta les éclats de rire de sa compagne d'un moment.

Roulant sur le sol dans un corps-à-corps cinématique, les deux Guerriers se retrouvèrent bientôt collé l'un à l'autre. Le semblant d'herbe qui restait encore sous le manteau blanc de neige amorti agréablement le contact. Pris sur le vif, Griffe Rousse aurait, en d'autres circonstances, certainement montré une autre facette de sa personne, rejetant ce qui n'était pas dans ses habitudes et agissant toujours avec calme et réflexion. Pourtant, il n'en ressentit nullement l'envie. Après tout, personne n'était là pour les regarder et émettre de quelconques jugements. Rien de tout cela. Ils étaient seuls, sur le territoire de leur Clan, sans rien autour pour les empêcher d'être simplement bienheureux un instant. Le temps de réaliser vraiment la proximité entre son corps et celui de la Guerrière, Griffe Rousse se faisait déjà faussement persécuté de quelques coups de pattes. Prise dans le tourbillon du jeu, Perce-Neige lui assena un petit coup de patte sur le museau tout en rendant les armes oralement. Relâchant la tension qui s'était indubitablement fait une place dans ses muscles par réflexes, le Guerrier s'était complètement laissé faire, grisé par le moment. Après tout, lui aussi avait le droit à ces moments-là. Et qu'importe si d'autres pouvait le voir ou le lui reprocher. Tentant de reprendre un peu de posture, il donna une légère propulsion à son flanc gauche qui vint pousser celui de la Guerrière. Amenant cette dernière au sol en tentant d'être le plus délicat possible, il se positionna juste au-dessus d'elle et fit mine de l'immobiliser. Le sourire aux lèvres, finalement bien amusé par la situation, il marmonna toujours sur un ton taquin :

« C'est vrai que tu te débrouilles, tu as de l'imagination, je le reconnais maintenant. »

Puis faisant mine de reprendre un peu de sérieux et d'assurance, il continua après avoir repris son souffle, son regard planté dans celui de la Guerrière :

« Suis-je si affreux que ça ? »


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptySam 29 Fév - 20:24

Perce-Neige avait oublié tout ce qui la tracassait, elle se sentait si heureuse. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas partagé un moment tel que celui-ci. Elle ne s’attendait pas à en profiter à nouveau un jour surtout pas avec Griffe Rousse, après tout le guerrier lui avait toujours semblé si inaccessible. Tout change lorsque l’on devient guerrier, à croire que c’est ainsi qu’elle pensait. Mais, ce jour-là, elle avait découvert avec plaisir qu’elle avait tort, à croire que le côté enfantin reste toujours un peu dans l’esprit des guerriers. Elle considérait cela comme une très bonne chose, être trop sérieux pouvait se montrer très vite ennuyeux.

La guerrière dévisagea Griffe Rousse. Elle n’avait jamais eu l’occasion de le voir de si près. Il avait décidément de très beaux yeux bleu clair qui fascinaient de plus en plus la guerrière si bien qu’elle resta à le regarder un long moment. Ce fut un mouvement délicat du matou qui la fit sortir de ses pensées. En quelques instants, elle s’était retrouvée au-dessous de lui, à moins d’une longueur de queue du museau de son interlocuteur. La guerrière se sentit rougir sous sa fourrure, ce n’était pas dans ses habitudes d’être aussi proche d’un guerrier ainsi, mine de rien elle était assez intimidée et presque nerveuse. Mais le bonheur et la curiosité qu’elle ressentait en elle contrebalançaient ces émotions négatives. La guerrière se retrouvait donc immobilisée, à la merci du guerrier et de ses taquineries. Pour être honnête, cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Le guerrier semblait lui aussi apprécier la situation, il lui répondit avec un grand sourire.

« C'est vrai que tu te débrouilles, tu as de l'imagination, je le reconnais maintenant. »

Perce-Neige prit un air fier et satisfait. Il ne fallait pas la sous-estimer, la femelle était pleine de surprise. Elle était heureuse de pouvoir faire découvrir au guerrier cette partie d’elle. Il ne semblait pas la juger un seul instant et cela la rassurait, elle pouvait donc être elle-même avec lui. Quel sentiment agréable. Son interlocuteur reprit alors un peu de sérieux et la guerrière eut peur que ce moment avec lui ne s’achève brusquement. Elle ne voulait pas revenir à la réalité, du moins, pas tout de suite. Il planta son regard dans celui de la guerrière et Perce-Neige se sentit encore rougir, elle espérait qu’il ne le remarquerait pas.

« Suis-je si affreux que ça ? »


Perce-Neige fit de grands yeux, elle ne s’attendait pas à cette question. Évidemment, elle ne pensait pas une seule seconde qu’il l’était, elle le voyait juste comme un très bon combattant et ne voulait pas se lancer dans un combat avec lui qu’elle savait perdu d’avance. La guerrière était un peu mauvaise perdante et elle ne voulait pas lui montrer cette facette d’elle, du moins pas encore. Elle ne voulait pas perdre ce qu’elle avait acquis avec lui aujourd’hui, cette toute nouvelle proximité qu’elle n’avait pas eu avec qui que ce soit depuis de nombreuses lunes.

« Tu es un guerrier exceptionnel et je t’ai toujours trouvé très impressionnant, même quand tu n’étais encore qu’un apprenti. »

Ses sentiments avaient parlé pour elle. Toute trace de taquinerie avait disparu et elle dévisagea le guerrier, se perdant dans le bleu de ses yeux. Elle ne voulait pas tomber amoureuse au risque que les sentiments du guerrier ne soient pas réciproques. Elle avait déjà vécu des déceptions amoureuses et elle refusait d’expérimenter ce genre de douleur une nouvelle fois. Elle resta immobile et poussa un petit soupir avant de fermer les yeux un court instant. Intérieurement, elle espérait réellement avoir ses chances avec lui. Elle rouvrit les yeux et lui parla avec honnêteté.

« Je n’avais jamais réalisé à quel point il était agréable de passer du temps avec toi. Je pense que c’est la meilleure patrouille que j’ai eu l’occasion de faire, enfin si on peut encore appeler ça une patrouille. » Elle avait dit ces quelques mots avec un léger sourire aux lèvres avant d’ajouter plus sérieusement. « Tu as l’air si souvent triste, ça me réchauffe le cœur de te voir heureux ainsi. »

Elle sentit une chaleur dans sa poitrine après avoir dit ces quelques mots, elle avait été honnête avec lui et en était satisfaite. Elle n’osait pas bouger de peur que le guerrier ne s’en aille et interrompe ce moment de proximité. Elle se contenta d’attendre qu’il lui réponde, autant impatiente qu’anxieuse.


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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyMer 4 Mar - 23:03

Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il acceptait de se comporter comme cela en la présence de Perce-Neige ? Avait-il perdu tout sens ? Avait-il perdu des neurones quand elle lui avait sauté sur le dos pour le traîner à terre ? Il ne semblait pas... Du moins, ce n'était pas flagrant. C'est en pleine possession de sa capacité intellectuelle qu'il agissait ainsi. Simplement, pour une fois, il avait choisi de lâcher prise. Il avait choisi de simplement vivre le moment présent. Il avait fait le choix de profiter, de ne pas se miner, de ne pas contrôler tous ses faits et gestes pour rester dans les clous. Parfois, cela pouvait avoir du bon de relâcher la pression. Cette pression quotidienne, cette pression qu'il connaissait depuis le début de son apprentissage, peut-être même avant. Depuis l'âge de ses six lunes, il avait pris tant de sérieux, tant de rigueur pour ne pas apparaître comme puérile ou immature aux yeux de ses camarades. Il avait ainsi gagné en éclat et certainement en estime dans les yeux de beaucoup de ses camarades. Il apparaissait aujourd'hui comme un bon Guerrier. Un Guerrier droit, un Guerrier rigoureux, un Guerrier réfléchi. Le genre de camarade sur lequel on s’appuierait facilement en cas de problème. L'oreille attentive à laquelle on peut tout dire. Les épaules suffisamment larges pour pouvoir supporter bien des peines. Il n'était pas du genre à se plaindre. Il n'était pas non plus du genre à se confier de lui-même à quelqu'un. Il préférait de loin prendre tout pour lui, prendre tout sur lui pour ne pas aller altérer les autres de ses états d'esprits et d'âme. Alors parfois, tout lâcher, ça change tout. Peut-être même l'image que l'on renvoie. L'image peut-être trop sérieuse, peut-être même jugée comme trop obtus malgré son bon côté. Et s'il ne se serait pas permis de le faire de lui-même, il était content que Perce-Neige ait fait ce premier pas. Grâce à l'initiative de la blanche, il avait réussi, l'espace d'un instant, à relâcher la pression qu'il portait sur ses épaules depuis un bout de temps. Il avait réussi à laisser de côté tous les problèmes du Clan de côté, sans pour autant les oublier totalement et les reniés. Là, au-dessus de la minette, même si la position lui était étrangère, il se sentait bien et léger.

Voir le petit air satisfait apparaître sur le faciès de la Guerrière blanche lorsqu'il lui avait lâché un petit compliment fit sourire intérieurement le rouquin. N'ayant pas l'habitude de faire paraître ses émotions en surface, il s'efforça tout de même de laisser voir un rictus délicat étirer ses babines. Il ne voulait pas la mettre mal à l'aise ou lui laisser penser qu'il n'appréciait pas la situation. Il lui semblait avoir posé inconsciemment la question sur son apparence aux yeux de la minette, comme pour simplement répondre à une remarque qu'elle avait laissé traîner. Et pourtant. En la posant, il avait trouvé une forme de curiosité à savoir comment est-ce qu'elle pouvait bien le voir. Est-ce qu'elle l'appréciait réellement ? Est-ce qu'elle avait dit cela simplement pour flatter son ego ? Est-ce qu'elle l'avait fait pour simplement être gentille ? Finalement, un méli-mélo de question provoqua un torrent dans l'esprit de Griffe Rousse jusqu'à ce que la Guerrière y réponde. Venant le complimenter gracieusement d'être un Guerrier très impressionnant et même décrit comme exceptionnel, les mots de Perce-Neige vinrent donner du rouge aux joues du félin. Invisible sous son pelage roux, il se sentit finalement plus gêné par les compliments qu'il n'y aurait pensés. Il ne lui semblait pas être si extraordinaire que cela. Il serait même le premier à se décrire comme un chat ordinaire et simple. Pourtant, la Guerrière semblait avoir perdu toute trace de taquinerie ou de moquerie quelconque quand elle s'était livré. Et c'est de ce même timbre honnête que les mots qui suivirent bourdonnèrent joyeusement aux oreilles du roux. Des mots qui firent accélérer le rythme cardiaque de Griffe Rousse et augmenter sa gêne. Cette « patrouille » était aussi une des meilleures, peut-être la meilleure même, de toute son existence. Elle était d'autant plus appréciable qu'il sortait à peine d'un épisode où effectivement, il était triste et n'avait pas goût à grand chose. Il avait pourtant tenter de masquer sa peine, il avait certainement pas réussi comme il le voudrait. Il ne se savait pas particulièrement observé par la Guerrière... Balançant entre bonheur et gêne de parler de sa personne, le rouquin laissa pourtant son regard direct posé sur la femelle, mettant une fois de plus une distance entre ses pensées et ses agissements. Remuant des moustaches comme pour se donner un peu plus de contenance, il se concentra pour ne pas bafouiller :

« Merci Perce-Neige. Je ne me savais pas ainsi observée, un Guerrier si exceptionnel que ça y aurait fait attention. Je passe aussi un très bon moment avec toi. Ça fait du bien de pouvoir s'échapper un peu et de lâcher prise. Et puis, j'ai une compagnie très agréable pour se faire. »
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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptySam 7 Mar - 21:32

Perce-Neige resta immobile, coincée sous le corps de son interlocuteur mais cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle appréciait chaque instant qu’elle passait à pouvoir dévisager la truffe rose de Griffe Rousse, sa fourrure claire et ses beaux yeux bleus. Si on lui avait dit à son réveil qu’elle allait se retrouver ainsi avec le guerrier, elle n’y aurait jamais cru. Et pourtant, elle était là, son corps fin si proche de celui de son camarade. Griffe Rousse ne semblait pas particulièrement gêné contrairement à la chatte blanche qui bouillait intérieurement. Avait-il l’habitude d’avoir des moments d’intimité ainsi avec d’autres femelles ? Cette pensée la dérangea plus qu’elle ne l’aurait voulu et elle la chassa immédiatement de son esprit. Tant pis si c’était le cas, elle profiterait de ce moment avec lui jusqu’au bout, elle refusait de tout gâcher avec sa paranoïa.

Griffe Rousse semblait tout aussi heureux qu’elle et cela réchauffa le cœur de la guerrière. Elle ne voulait pas être la seule à s’amuser et à passer un bon moment. Sa réaction face à ses compliments fut presque invisible, mais la guerrière avait tout de même le pressentiment que ça ne l’avait pas laissé indifférent. Il semblait bien plus apte à contenir ses émotions qu’elle. La guerrière peinait à ne pas détourner le regard, tant elle était gênée d’avoir osé le complimenter ainsi.

« Merci Perce-Neige. Je ne me savais pas ainsi observée, un Guerrier si exceptionnel que ça y aurait fait attention. »

La guerrière lui redonna un petit bout de patte sur son museau comme pour lui dire qu’il disait des bêtises. Évidemment qu’il ne l’avait pas remarqué, Perce-Neige ne s’était pas amusée à le dévisager constamment. Et puis, il aurait fallu être aveugle pour ne pas remarquer les talents du rouquin.

« Je passe aussi un très bon moment avec toi. Ça fait du bien de pouvoir s'échapper un peu et de lâcher prise. Et puis, j'ai une compagnie très agréable pour se faire. »

Sur ces derniers mots, son cœur manqua un battement et elle dut se retenir de ne pas sourire bêtement. Il appréciait donc sa compagnie, voilà qui la comblait de joie. Elle ne put s’empêcher cette fois de détourner le regard et se sentit rougir sous sa fourrure blanche. Malgré la fraîcheur environnante, elle avait de plus en plus chaud. Décidément, son cœur n’était pas habitué à ce genre d’échange.

Elle prit son courage à deux pattes et replongea son regard dans celui de son interlocuteur. Il continuait de la dévisager, ce qui la troublait de plus en plus. Elle ne s’était jamais rendu compte à quel point le matou l’attirait. Mais, maintenant qu’elle y repensait, son regard se retrouvait toujours à le chercher indirectement en rentrant au camp ou en se levant le matin. Comment avait-elle pu ignorer son intérêt pour lui aussi longtemps ?

Elle laissa échapper un léger soupir, comme pour essayer d’évacuer toute cette chaleur contenue dans son corps, mais ce fut sans succès. Elle calma les battements de son cœur comme elle put. Elle ne savait absolument pas quoi lui répondre. Devait-elle avouer qu’elle l’appréciait beaucoup ? C’était beaucoup trop tôt, ils ne se connaissaient pas encore suffisamment pour qu’elle ose se déclarer. Elle laissa échapper un petit rire gêné et ajouta quelques mots :

« Ça me fait plaisir que tu profites de cette sortie autant que moi. » Pour essayer de changer de sujet, elle ajouta : « Je ne veux pas casser l’ambiance, mais on devrait peut-être finir notre patrouille, enfin, j’imagine…"

À vrai dire, Perce-Neige ne voulait pas que cela s’arrête, mais elle se sentait très gênée et elle était incapable de réfléchir calmement alors qu’elle se trouvait coincée juste en dessous du guerrier. Elle décida donc d’essayer de se redresser, mais sans le vouloir, elle fit trébucher Griffe Rousse qui tomba un peu plus sur elle. Désormais leur museau se touchait quasiment et le cœur de Perce-Neige se remit à battre rapidement malgré tous les efforts qu’elle avait faits pour se calmer. Elle n’osa plus bouger de peur de se retrouver encore plus proche de lui, enfin si cela pouvait encore être possible. Elle laissa échapper tout doucement, l’air gêné :

« Oups... »
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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyLun 9 Mar - 22:43

Honnête. Pourquoi est-ce que la vie l'avait ainsi affligé de cette qualité ? Est-ce qu'elle était vraiment une qualité ? Qu'est-ce qu'elle apportait en plus à un félin, si ce n'est ce genre de situation potentiellement troublante ? Par le Clan des Étoiles, pourquoi est-ce qu'il s'était senti obligé de se montrer ainsi franc cette fois ? Pourquoi avoir ressenti ce besoin de lui rendre la monnaie de sa pièce ? Pourquoi s'être senti comme contraint de lui dire lui aussi ce qu'il semblait ressentir ? Est-ce qu'il avait tout dit ? Certainement tout ce qu'il pouvait bien lui avouer. Est-ce qu'il avait vraiment fait part à quelqu'un de son ressentiment sans penser aux conséquences ? En tous cas, c'est bien l'impression qui se donnait. Il n'était pas vraiment un de ces chats habitués de ce genre d'exercice. Loin de là. Non pas qu'il soit menteur. Non pas qu'il soit de ceux qui déforment la réalité, la vérité, à leur gré pour n'en donner que les plus beaux aspects ou même des idées totalement erronées. Non, cela ne lui ressemblait pas non plus. Pour autant, Griffe Rousse n'était pas de ce genre de félin à se livrer sur un plateau d'argent à l'autre. Il ne recherchait pas à apparaître comme un mystère aux yeux des autres, mais il ne voulait pas non plus laisser ses sentiments fleurirent comme un livre ouvert. Discret. C'est le mot qui conviendrait probablement le mieux pour définir sa façon de parler de lui, de ses émotions et de sa façon d'être au quotidien. Certains le trouveraient bien ennuyeux, probablement vide et sans intérêt. Pourtant, il ne cherchait qu'un moyen de se protéger et de les protéger tous contre les sentiments et leurs prolongements, leurs conséquences plus ou moins fâcheuses. Il se contentait généralement d'absorber toute illustration de sentiment, tout signe pouvant laisser paraître joie comme tristesse, colère, nostalgie, agacement... La vie lui avait fait comprendre qu'en se comportant ainsi, son impact sur les situations étaient moindres. Il mettait, aussi, bien plus facilement de la distance entre lui, les autres et les émotions de tout ce beau monde pouvant vite devenir le gouffre où tout venait s'engouffrer et se mélanger...

Pourtant, il était de nature sociable. Il était même l'un de ces chats amicaux qui tend facilement la patte, propose facilement son épaule pour que ses camarades s'appuient dessus, laisse traîner son oreille pour réconforter les peinés du lot ou ceux ayant juste besoin de parler et d'être écouté. Il était un être plutôt fiable et sympathique. Il ne se mettait tout simplement pas en avant. Il évitait aussi de prendre la mouche pour la moindre remarque maladroitement formulée. Il préférait de loin agir avec sagesse et calme plutôt que de foncer, réagir violemment et regretter ensuite. Recevant un petit coup de patte sur le museau alors qu'il parlait de sa qualité de Guerrier, il y eu un petit moment de flottement dans son esprit pour tenter de comprendre ce que son aînée essayait de lui comprendre. Le pensait-elle vraiment meilleur que certains autres ? Il ne lui semblait pas briller plus qu'un autre. Il se défendait quand il le fallait. Il faisait le maximum pour être à niveau, mais il était loin de rattraper les aptitudes naturelles qu'offrait Mère Nature à certains de ses camarades, leur procurant indéniablement des qualités Guerrières supérieures. Il se fichait éperdument de ne pas être le meilleur élément du Clan, sa seule volonté étant de ne pas être un fardeau. Voyant un sourire s'étirer sur les babines de la femelle, Griffe Rousse se demanda un instant si la situation la gênait. Bien sûr, elle avait été l'investigatrice de tout cela, mais il avait peut-être un peu trop répondu à son goût ? Est-ce qu'elle rougissait sous son pelage ? Pourquoi est-ce que son regard oscillait tant entre rencontre et fuite ? Beaucoup de questions se bousculaient dans l'esprit du rouquin qui resta immobile et dont l'expression resta figé. La dernière chose qu'il voulait, c'est aller trop loin pour elle, la gêner, la laisser dans l'embarras ou dans n'importe quel état d'esprit duquel elle voudrait sortir. Trouvant de nouveau le regard de la Guerrière, qui cette fois se fit plus poussé, le Guerrier but ses paroles, laissant un nouveau souffle de chaleur s’insuffler dans son être et un début de retour à la raison le rattraper. La patrouille. C'est vrai, ils avaient été envoyés pour ça. Se rendant compte un peu tard qu'il était toujours penché sur Perce-Neige, cette dernière avait tenté de le déloger comme elle le pouvait, le déséquilibrant, les amenant à être l'un et l'autre encore plus proche l'un de l'autre, presque collé museau à museau. Rougissant sous son pelage instantanément, il imagina la même sensation venir chauffer les joues de la Guerrière au moment où elle poussa un oups de malaise. La seconde qui suivit, Griffe Rousse se retira avec le plus de délicatesse possible, donnant une impulsion du museau à la femelle pour l'aider à se relever. Il ouvrit la gueule dans un demi-sourire quand elle fut sur ses quatre pattes :

« Excuse moi. J'aurai dû te laisser te relever bien avant. Je... Le Clan de la Rivière est resté de son côté de la frontière a priori, tant mieux. »
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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyDim 22 Mar - 16:23

Perce-Neige sentait son cœur battre à toute vitesse, un instant elle se demanda même si Griffe Rousse n’était pas capable de l’entendre tant ses battements étaient forts. Le museau du matou était si proche, comment pouvait-elle rester calme face à une telle situation ? Ce n’était pas commun pour la femelle de se retrouver dans ce genre de position. Même si en temps normal, elle aurait beaucoup apprécié ce contact, elle était actuellement beaucoup trop gênée pour profiter du moment. La guerrière était du genre tactile mais clairement pas à ce point.

La situation ne dura qu’un court instant qui sembla pourtant durer une éternité pour Perce-Neige. Malgré tout, lorsque le guerrier se redressa prudemment, la chatte au pelage blanc resta quelque peu sur sa faim, comme si, malgré sa gêne, elle aurait espéré que quelque chose de plus se passe. Elle chassa cette idée de son esprit et se redressa, le cœur battant encore très vite et les joues toujours aussi rouges. Rien que le contact du museau du matou lui fit de l’effet quand il l’aida à se redresser, elle allait avoir du mal à se calmer pour le moment. Elle regarda avec un petit sourire Griffe Rousse qui lui répondit :

« Excuse moi. J'aurai dû te laisser te relever bien avant. Je... Le Clan de la Rivière est resté de son côté de la frontière a priori, tant mieux. »

Perce-Neige ne put retenir un sourire amusé, le rouquin semblait tout aussi gêné qu’elle. Il avait lui aussi opté pour changer de sujet comme elle avait essayé de le faire un peu plus tôt. Elle ne put s’empêcher de le trouver très mignon, elle n’avait jamais vu le guerrier ainsi. Ce petit moment si proche l’un de l’autre semblait lui avoir à lui aussi fait de l’effet. Cette pensée réchauffa le cœur de la guerrière, elle appréciait énormément la compagnie du matou. Cette sortie les avait vraiment rapprochés, même si pour le moment Perce-Neige était gênée par leur contact soudain, elle aurait sans doute du mal à sortir le guerrier de ses pensées avant plusieurs jours.

Pour essayer de cacher sa gêne, elle fit quelques pas vers la frontière avec le Clan de la Rivière et huma l’air pour vérifier que seule l’odeur du Clan du Vent s’y trouvait. Elle garda les yeux vers la frontière incapable de recroiser les yeux de son camarade avant de confirmer ses dires :

« Euh… Effectivement, tout est bon ici. Je pense que l’on peut continuer la patrouille, on a encore la frontière avec le Clan de l’Ombre à vérifier. Soyons attentifs, je les trouve particulièrement imprévisibles, surtout depuis qu’ils se sont attaqués au Clan du Tonnerre aux côtés du Clan de la Rivière. Il vaut mieux que l’on se montre prudent. »

Perce-Neige avait fait de son mieux pour changer de sujet et cette discussion plus sérieuse l’avait quelque peu calmée. Les battements de son cœur avaient enfin repris leur rythme habituel et désormais la guerrière était capable de croiser le regard du rouquin. Elle restait encore un peu gênée lorsqu’elle se remémorait ce qui venait de se passer, mais elle pouvait à nouveau aligner deux idées sans rougir.

Avant de se remettre en route, la guerrière marqua le territoire du Clan du Vent, elle se devait de bien faire comprendre aux guerriers du Clan de la Rivière qu’ils n’étaient pas les bienvenues dans la lande, surtout après ce qu’ils avaient fait au Clan du Tonnerre. Elle rejoignit ensuite Griffe Rousse et ils se mirent en route.

Le reste de la patrouille se déroula sans problème, Perce-Neige échangea très peu de mots avec Griffe Rousse, ne sachant plus trop comment s’y prendre. Elle se concentra donc sur ses devoirs de guerrière en inspectant avec soin les frontières du territoire de son clan. Il n’y avait rien à signaler, tout semblait calme, les autres clans semblaient se tenir au carreau. Sur le chemin du retour, Perce-Neige réalisa que leur patrouille allait s’arrêter et tout risquait de revenir à la normale avec Griffe Rousse, la guerrière ne voulait pas que tout se termine maintenant. Elle l’arrêta juste avant d’entrer dans le camp :

« Griffe Rousse, attends ! » Elle prit une grande inspiration et le regarda dans les yeux. « J’ai passé un très bon moment avec toi, j’espère que l’on aura l’occasion de passer un plus temps ensemble. Merci pour cette patrouille en tout cas. »

Elle s’approcha doucement du guerrier et lui donna un petit coup de tête affectueux. Elle était très heureuse d’avoir pu partager ce moment avec lui et espérait sincèrement qu’une autre occasion allait se présenter pour apprendre à mieux le connaître.
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MessageSujet: Re: Patrouille matinale - Griffe Rousse   Patrouille matinale - Griffe Rousse EmptyMar 24 Mar - 1:27

Que venait-il de se passer ? Qu'est-ce que tout cela voulait-il dire ? N'était qu'un moment d'égarement de deux êtres qui en avaient besoin en ces temps difficiles ? Est-ce qu'il y avait une autre explication à cela ? Son attitude, son comportement, tout cela, avaient-ils un sens ? Lui qui ne jurait trivialement que par le calme et la réflexion, avait-il perdu la tête ? Le cerveau du Guerrier fonctionnait à plein régime alors qu'il se repassa brièvement le fil des événements. Tout avait pourtant commencé sur une touche on ne peut plus normal et élémentaire... Cette journée, ce réveil, ce début de patrouille, rien de nouveau pour ni l'un, ni l'autre. Rien, jusqu'à ce qu'il se prenne à ce jeu. Rien d'aberrant ou de profondément déficient jusqu'à ce qu'il décide de lâcher prise et de laisser un je ne sais quoi de folie dicter sa façon d'agir. Ne pas réfléchir, agir avec un naturel qu'il avait égaré depuis l'époque de la Pouponnière, ou presque, tout cela lui semblait à des lunes de lui. Et encore plus avec les événements actuels... Et pourtant, il l'avait fait. L'espace d'un instant, il avait simplement mis de côté tout le reste, laisser tomber ses problèmes, abattus les murs d'enceinte qui assuraient sa propre sécurité et qui lui dictaient les ordres à suivre comme pour limiter les traverses. Et le pire dans tout cela ? Il sortait de là, les joues rougis par la gêne, l'embarras, mais le cœur battant à une drôle d'allure, le ventre noué et l'impression d'avoir viré un peu ailleurs. Était-ce répréhensible ? Devait-il s'en vouloir ? Est-ce qu'il avait aussi attrapé le Mal Rouge ? Ou quelque chose d'autre ? S'il ne présentait aucun symptôme visible d'une quelconque maladie soudaine, alors que ses yeux dévisageaient cette frontière, on aurait pu le croire sonner d'un mal inquiétant. Et si un artefact de sentiment de culpabilité ébranla, une demi-seconde, son esprit, cette idée n'effaça pas le sourire aux coins des lèvres qu'il avait pris soin de garder malgré la mine sérieuse qu'il avait repris en détournant brusquement la discussion et le cours des événements. Qui était-il pour agir ainsi ? Avait-il totalement perdu patte ? Avait-il failli à son devoir ?

Totalement plongé dans une réflexion à l'utilité véritablement discutable, il ne bougea pas d'une moustache lorsque Perce-Neige s'éloigna, incapable même de prendre la mesure de ce qui se produisait tant le retour à la spéculation prenait de place. Le tirant de son état second, le ramenant doucement à la réalité, la voix de la Guerrière blanche laissa planer un doute encore plus grand sur ce qui venait de se produire. Reprenant la mesure de la réalité avec un goût étrange en gueule, Griffe Rousse retomba rapidement sur ses pattes, accompagna sa camarade de patrouille dans la délimitation du territoire. Et comme s'il avait réellement brisé un quelque chose, le reste de la patrouille prit une toute autre tournure. L'amusement, la joie et l'évasion s'étaient évanouie dès lors qu'il avait rompu ce contact complice. Ainsi, durant tout le reste de l'introspection des terres, les deux félins respectèrent le semblant de distance qu'ils avaient creusées. Comme pour réussir à se concentrer sur la tâche première de leur sortie et ne faire jaillir de nouveau un flot de questionnement interne, Griffe Rousse s'appliqua à l'exercice, restant le plus silencieux possible. Rien de bien difficile pour lui, pas même après ces montagnes russes que son cœur avait pu prendre. Passer d'un état à un autre, sans ne rien laisser paraître était, au fil des lunes, presque devenu une habitude. Il s'était de si nombreuses fois entraîné à ce petit jeu, notamment en étant novice. À l'époque, il avait plutôt tendance de passer d'un stade à l'autre sans réussir à faire machine arrière, manquant probablement de maturité. Et finalement, si probablement personne n'aurait misé sur lui, il avait ouvert les yeux sur les répercussions de ce côté un peu trop impulsif et prit des mesures drastiques nécessaires. Vérifier la frontière avec le Clan de l'Ombre ne fut qu'une formalité pour les deux félins, rien à signaler, aucune trace d'invasion ou d'un quelconque passage d'un félin adverse, ni même de n'importe quel prédateur. La mission, qu'ils s'étaient vu assignés, allait donc finir ainsi.

Ils n'étaient plus très loin du Camp, le soleil trônait maintenant un peu plus haut dans un ciel devenu parfaitement clair, la fête était finie et cet agréable moment passé en bonne compagnie aussi. La vie allait continuer, reprendre un cours normal, le Clan en avait bien besoin. Enfin, c'est ce que Griffe Rousse pensait dur comme fer. C'est ce qu'il voulait penser. N'était-ce pas ce qu'elle lui avait fait comprendre en se prenant ce soudain recul ? N'était-ce pas mieux ainsi ? C'est l'idée qu'il tenta d’enclouer à son esprit qui extravaguait encore sur ces échanges étranges, mais au combien agréables. C'est la perception qui lui venait rationnellement, avant qu'elle ne s'arrête. Lui, rêveur, se prenait à tenter le jeu de la raison. Pilant derrière elle pour éviter toute bousculade, le rouquin stoïque, accusa les derniers mots qu'elle lui offrit comme pour clore cette escapade, martelant un peu plus un souvenir agréable de cet épisode. Pantelant, hésitant, perdant totalement patte intérieurement, Griffe Rousse absorba le choc de la surprise, ne laissant rien paraître, même quand elle lui offrit ce dernier petit coup de tête, sonnant à la fois comme un au revoir et une promesse sourde d'un à bientôt. Et maintenant ? Marchant sur un terrain glissant, totalement inconnu, n'osant faire preuve d'une quelconque initiative qui saurait être jugée comme malvenue, le Guerrier s'appuya sur un de ces remparts habituels. Usant d'une voix parfaitement calme, sans tremblement aucun ni hésitation, des mots simples, dérisoires aux yeux de certains, mais choisi avec soin, il laissa un sourire doux et expressif étirer ses babines :

« Merci Perce-Neige. »
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