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Déchéance d'une Reine |PV Griffe Rousse|
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Lune d'Or

Age : 26
Date d'inscription : 27/06/2019
Messages : 15
Lune d'Or
Guerrière
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Sam 6 Juil - 20:38
Elle a calqué ses pas sur le rythme insolent du vent. Lune d’Or se perd parfois, s’aventure au-delà de ses propres réflexions, bercée par des mondes intérieurs. Funambule, elle s’avance sur ce fil tout tracé, celui de la destinée. La guerrière a tendance à y croire; que sur son chemin elle n’a pas véritablement son mot à dire et qu’une force inconnue (celle des Étoiles peut-être), place les événements qui ponctuent sa vie. Et elle, elle n’est que mortelle et impotente de toute manière, qu’aurait-elle à redire des directives d’une instance plus grand qu’elle? Malgré sa témérité et sa personnalité difficile, il y a chez la représentante du Tonnerre une certaine docilité à son propre sort, une acceptation molle qui lui vient de loin. En voyant apparaître les Quatre Chênes dans un horizon proximal, elle ne s’arrête pas, y voyant là un signe. Au final, peu importe où elle va. Elle vivre trop de la passion de l’aventure pour reculer à la perspective de poser une patte au-delà de son territoire natal. Même qu’en se glissant sous ces quatre grands arbres elle se sent soudainement solennelle et empreinte d’un peu d’orgueil aussi. Ce lieu est celui des meneurs, de ceux qui utilisent leur front. Elle n’est qu’un coup de patte, qu’une griffe. La voilà pourtant qui possède l’endroit toute entière, pour elle-même. Son cœur jaloux la force à se frotter contre tous les arbres, avec une insolence enfantine. Quelque part elle a envie qu’on sache qu’elle est passée par ici et qu’elle s’en est faite reine.

Puis, sa besogne achevée, elle s’arrête pour considérer son œuvre. L’endroit lui paraît tout aussi désert, personne pour admirer sa prouesse. Ce n’est pas grave, il y a bien la brise pour l’admirer et jouer avec le feu de son pelage. Soudain lasse, elle scrute les environs avec curiosité. Bien sûr, son regard tombe sur le rocher, trône de Cerblanc. La femelle pose une patte dessus, vibrant d’excitation. Elle n’osera pas… n’est-ce pas? D’un mouvement ample d’hanches, elle s’hisse au-dessus du rocher où un filament de soleil la réchauffe agréablement. Ce type d’environnement serait parfait pour une sieste, d’autant plus que ainsi hissée elle se sent parfaitement en sécurité. Mais son réflexe est une fois de plus à l’audace. Un sourire enfantin aux lèvres, elle se redresse de toute sa stature pour s’adresser aux chats invisibles qui constituent ses sujets imaginaires.

«Chats de la forêt ! Entendez-moi ! Prosternez-vous devant votre meneuse, la grande Lune d’O-… Étoile d’Or ! Ou sinon vous subirez mon courroux, je vous le dis, je vous le dis !»

Et elle éclate de rire, comme une enfant cruelle. Elle n’a jamais aspiré à une position de pouvoir, mais ce petit jeu l’amuse énormément. Combien de gens pourrait-elle embêter de cette position privilégiée ? Soudain, un bruit. Ses oreilles nerveuses se plaquent contre sa tête et elle cherche dans sa panique une manière de redescendre de ce promontoire de pierre. Or, sa patte avant reste coincée dans une crevasse alors qu’elle se laisse glisser au sol. Son poids l’entraîne de l’avant et elle passe cul par-dessus tête, sa patte toujours immobilisée dans la pierre. Un peu sonnée par sa mauvaise chute et l’épaule douloureuse d’avoir subi une aussi grande pression, elle se met à miauler piteusement en tentant de se dégager, la queue ébouriffée par la peur et la colère. Vite avant qu’on ne la surprenne dans cet état lamentable… On dirait que la reine a été déchue.

Griffe Rousse

Age : 21
Date d'inscription : 05/01/2019
Messages : 78
Griffe Rousse
Coureur
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Dim 7 Juil - 17:14
« À la fin de la partie, le Pion et la Reine retournent dans la même boîte. »

Un pion. Voilà ce qu’il était depuis quelque temps. Peut-être même depuis toujours. Cette impression étrange de n’être que le pantin d’une vie ne faisait que s’amplifier davantage ces dernières lunes. Depuis la perte de sa mère, Griffe Rousse avait toutes les peines du monde à relever la tête. Bien sûr, pour le bien du Clan, il continuait d’être celui qu’il avait toujours été. Du moins, c’est l’illusion qu’il donnait. C’est ce qu’il voulait faire croire au reste du monde, pensant peut-être ainsi s’en convaincre un jour. Est-ce que cela suffirait ? Est-ce que faire semblant suffirait à tout effacer ? Ou est-ce qu’il lui faudrait attendre à lui aussi la fin de cette hécatombe ? Est-ce qu’elle aurait une faim ? Nul ne le sait. Ou peut-être que si. Peut-être qu’eux le savent. Peut-être que les êtres divins de ce monde le savent. Ces tout-puissants qui le sont devenus parce qu’ils ne sont plus. Ces tout-puissants qui sont là-bas, sur cette voûte argentée, parsemant et animant le ciel de mille éclats. Elle était peut-être parmi eux ? Elle y était. C’était même certain. Est-ce qu’elle y était bien ? Est-ce qu’elle y avait été bien accueillie ? Il n’y avait pas de raison du contraire, elle avait toujours été une bonne mère. Elle s’était toujours bien occupée de ses petits. Même si Ruisseau de Rose n’avait pas le même traitement, elle n’avait pas rechigné à la nourrir et à l’élever. Quelque part, elle l’aimait peut-être même. Elle avait toujours été loyale aux siens et à son Clan. Elle n’avait jamais craché sur le Code du Guerrier. Elle avait été une bonne âme. Et elle devait l’être encore. À cette pensée, un sourire franc se dessina sur les lèvres du rouquin, alors même qu’il observait ce petit point de lumière qui semblait briller différemment des autres à ses yeux. La douce image de celle qu’il avait perdue, une esquisse des plus mirifique de la Guerrière, lorsqu’elle était encore dans ses beaux jours et le semblant de son parfum vinrent accompagner ces quelques rêvasseries.  

Las de son oisiveté et voyant le soleil venir, le Guerrier se leva. Il prit son temps pour étirer chacune de ses pattes avant même d’esquisser le moindre geste superflu ou maladroit. Les longues minutes à rester ainsi immobile avaient ankylosé ses membres, raidissant irrémédiablement ces derniers et le menaçant de foulées malavisées. Laissant un bâillement s’échapper discrètement de sa gueule au moment même où il amorça un premier pas, le rouquin chercha du regard un visage connu. Passant en revue très rapidement le peu de chats présents, il finit par s’approcher à pas de loup d’une silhouette féline svelte. Saluant familièrement la femelle en question, Griffe Rousse se proposa spontanément d’aller chasser avant même que la plupart de ses camarades ne soit levé. L’approbation de la Lieutenante ne mit guère longtemps à arriver, le mettant sur le départ avec une immédiateté étonnante. Et comme si tout était plus simple à l’extérieur, une fois le seuil invisible du Camp passé, le Guerrier se laissa aller à sa véritable nature du moment, ne laissant qu’une émotion profondément neutre, voir légèrement mélancolique, trôner sur son faciès. L’espace d’un instant, sa couverture de pion, son déguisement de bon élément, disparu. Délesté de ce poids, le rouquin les foulées du rouquin se firent comme plus légères, plus amples et plus rapides. La direction qu’il prenait ? Lui-même ne le savait pas. Qu’importe. Qu’importe pourvu que cela l’amène loin. Pourvu que cela lui fasse penser à autre chose. Pourvu que cela donne un tant soit peu plus de sens que l’existence profondément mécanique et léthargique qu’il menait. Pour une fois, il voulait un peu sortir du cadre. Pour une fois, il voulait goûter à autre chose. Il ne voulait plus être ce simple pion. Est-ce que les règles du jeu se changent si facilement ?

Un murmure lointain le sorti de sa course folle et sans destination aucune. Un soupçon qui de loin n’était qu’audible. Un peu de compagnie ? Pourquoi pas. Griffe Rousse n’était pas ce genre de félin totalement restrictif à l’idée faire de nouvelles rencontres. Ou même des plus anciennes. Et si les temps qui courraient ne l’avaient pas particulièrement rendu avide de nouveaux visages ou de visages rivaux, ses pattes suivaient ce cap invisible. Les Landes derrière lui, il devina les Quatre Chênes comme étant relativement proche. Le félin pouvait donc appartenir à n’importe quel Clan. Il pouvait même ne pas en être. Bloquant finalement sur ces possibilités, le Guerrier du Clan du Vent s’immobilisa pour prendre les informations qu’il avait jusqu’alors ignorées. Son museau se mit à scanner l’air, ne laissant aucune fragrance passer. Et malgré la foule d’odeurs qu’accueillaient ces lieux, la plupart des odeurs claniques étaient éventées. Il faut dire que les jours s’étaient écoulés depuis la dernière Assemblée, normal que le parfum soit moins fort. Retrouvant un peu de jugeote, la progression de Griffe Rousse se fit plus prudente, pas craintive, mais seulement plus avisée des informations qu’il pouvait capter. Et s’il aurait pu faire demi-tour lorsque des miaulements plaintifs s’élevèrent, ce n’est pas cette fibre lâche et individualiste qui parla. Perdant en lenteur, le mâle gagna rapidement la clairière où se tenait toutes les lunes cette réunion ancestrale. Et à force de coups d’œil vif lancés de part et d'autre de l’endroit, il finit par repérer celle dont le parfum démontrait l’appartenance au Clan du Tonnerre. Qu’est-ce qu’elle fichait là ? Et qu’est-ce qui lui arrivait ? Mettant un stop à toutes ces questions et à tous ses doutes, le matou s’approcha en s’annonçant comme pour ne pas prendre la femelle par surprise, reconnaissant cette dernière pour être d’une génération similaire :

« Besoin d’un coup de patte Lune d’Or ? »

Lune d'Or

Age : 26
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Lune d'Or
Guerrière
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Mar 16 Juil - 22:53
Lune d’Or se laisse emporter, constamment. Elle est cette tempête qui ne demande qu’à gronder, dissimulée derrière un mur de nuages et d’illusions. Si peu la guerrière se sent coincée que la panique s’installe dans chaque fibre de son être, la poussant à des extrêmes nuisibles pour assurer sa propre sécurité. L’instinct est plus fort qu’elle, même qu’il en a été un important défi pour elle lors de sa formation de novice. Prompte, réagissant souvent plus rapidement que sa propre pensée, elle s’engouffre dans les méandres d’une terreur qui ne lui sert en rien à se déprendre d’une fâcheuse situation. Pire encore, ses tentatives désespérées et désorganisées lui tirent des élans douloureux jusqu’à l’épaule et elle se met à miauler avec d’autant plus d’énergie, soucieuse de se briser quelque chose. Juste quand l’épuisement a finalement raison d’elle, elle s’arrête pour considérer les bois autour d’elle, le ciel paresseux au-dessus de sa tête et les Quatre Chênes qui semblent se moquer de sa propre insignifiance. Elle se demande un moment si son père a ressenti les mêmes sensations en allant mourir dans le froid après une bataille fatale. Bien entendu, elle a cédé à la peur et ne parvient plus à penser très droit. Malheureusement, la suite empire d’autant plus son humeur.

Des fourrés surgit une silhouette à l’odeur caractéristique du Vent. Pour l’avoir croisé à quelques reprises lors de patrouilles et d’Assemblée, elle reconnaît le guerrier en question comme étant Griffe Rousse, un mâle plutôt agréable et de bonne réputation au sein de son Clan. À son approche pourtant, Lune d’Or se crispe et se met à feuler dans un avertissement inutile : dans cette position elle ne lui pourrait de toute manière aucun mal. L’apparition de l’autre lui a redonné de l’énergie et elle se débat de plus belle, menaçant de s’arracher la patte au passage. Son orgueil blessé alimente sa hargne, pas réellement dirigée vers le guerrier. Mais dans sa colère, elle ne parvient certainement pas à accepter cette patte tendue. Elle a toujours détesté qu’on l’aide.

«Recule ! Laisse-moi ! Je vais me débrouiller !»

Pourtant elle s’est mise à miauler de douleur, sentant une de ses griffes enfoncée dans une craque de la pierre et impossible de la rétracter. Elle se crispe et s’immobilise, ne sachant pas quoi faire. La honte lui brûle la trachée, une douleur bien pire que celle occasionnée par sa patte prisonnière.

«C’est bon, profite, Venteux ! Va, moque-toi.»

Malgré le venin de ses paroles, ses prunelles ambrées trahissent sa peur et son incertitude. Une part d’elle désirerait mettre fin à cette situation, ce que seule l’aide de Griffe Rousse pourrait permettre. Une autre aimerait voir le guerrier disparaître pour échapper à sa propre faiblesse.

Griffe Rousse

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Messages : 78
Griffe Rousse
Coureur
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Mer 24 Juil - 16:57
La réplique lui était venu avec un naturel du plus étonnant pour certains. Il n’avait pas eu besoin de chercher ses mots. Pas eu besoin de patiner pour savoir comment s’y prendre avec la femelle. Non, il y était allé avec son naturel, son calme, son côté amical qu’une puissance étrangement divine lui avait accordé. Pas besoin de passer par quatre-chemins. Il suffisait de prendre le plus court, de s’y engouffrer avec délicatesse et tout ne pouvait que bien se passer ? Du moins, dans un monde idéal. Dans un monde où la fierté et l’orgueil ne régnaient pas. Dans un monde idéal où les rivalités seraient effacées, n’entrant même pas en ligne de compte lorsqu’un danger imminent surgissait ou lorsqu’un mal s’abattait. Il lui semblait avoir toujours été ainsi. Si plus jeune, il avait appris l’indifférence avec sa mère et sa sœur adoptive, mais il avait également vite repris le dessus en s’intéressant aux membres de son Clan entier et en tentant d’être, pour chacun, l’épaule solide sur laquelle s’appuyer. Un sourire de circonstance s’affichait sur ses babines, ne sachant trop comment sa proposition serait prise. Il aurait pu foncer tête baissée à la rescousse de la rouquine, mais si c’était pour être reçu avec les griffes sorties, ce n’était pas la peine. Ce n’était pas dans ses plans de se blesser ici ou même de se blesser tout court. Feuille de Trèfle avait suffisamment de soucis à se faire avec le Mal Rouge, il ne voudrait pas lui faire perdre son temps en broutilles de la sorte. Et s’il semblait avoir pris toutes les précautions d’usage, Griffe Rousse n’échappa pas à la démonstration de dégoût et la tentative de le repousser de la part de la Guerrière rivale. Un soupir silencieux fusa dans son esprit seulement, las de voir de telles réactions dans des moments comme celui-ci. Est-ce la vie ne vaut pas plus que cette rivalité stupide ? Est-ce que la fierté est plus précieuse que sa propre santé ? Un brin de tristesse dans le regard, Griffe Rousse se contenta, comme à son habitude, d’encaisser la hargne de Lune d’Or.

Et s’il se stoppa au moment même où les mots de la femelle fendirent l’air, il s’était suffisamment approché pour distinguer un peu plus nettement la scène. S’il n’avait jusqu’alors pas compris l’ampleur de la situation ou même pu la jauger réellement, il posa un regard attentif sur la situation plus que sur la femelle en elle-même. À deux longueurs de queue-de-renard, sa patte semblait s’être engouffrée dans une faille de la roche. Pourquoi est-ce qu’elle s’était hissée là-bas ? Et pourquoi n’avait-elle pas porté plus d’attention à l’endroit où elle mettait ses pattes ? S’était pourtant l’une des premières choses qu’on apprenait aux Apprentis dans le Clan du Vent... Observer son environnement, analyser les dangers potentiels, ne pas mettre ses pattes dans les trous... En l’occurrence pour eux, c’était généralement des Terriers, mais le résultat était le même. Le risque de foulure était identique, si ce n’était pas pire. Et s’il s’intéressa quelques secondes à la situation, son regard bleu fini naturellement par revenir sur celui de la femelle qui se débattait comme une diablesse. Elle avait beau essayer de se contorsionner, le seul résultat qu’elle obtenait n’était que douleur supplémentaire, coinçant sa patte de plus en plus profondément et adoptant des positions de plus en plus aventurières. Au-delà de l’orgueil, le Guerrier cru y déceler une once de regret, de honte et peut-être même une légère étincelle de peur. Est-ce qu’il trouvait cela risible ? Est-ce qu’il en profiterait pour se moquer ou en tirer avantage ? Non. Il n’était pas de ceux-là. Il trouvait la situation simple et l’attitude de la femelle dangereuse. Pourtant, il garda le silence. Il garda le silence jusqu’à ce qu’un nouveau cri de douleur fende l’air et décide la Guerrière à revenir sur sa décision, acceptant soudainement l’aide de son rival. Sans un mot, Griffe Rousse prit la peine de faire un petit arc de cercle, comme pour voir la scène sous tous les angles, prenant les informations et tentant de lire la meilleure solution pour la dégager de là. Trouvant ce qui lui semblait le meilleur plan possible pour limiter la pression et le risque d’aggraver la situation, il se hissa sur la pierre avec souplesse avant de s’approcher de la Guerrière suspendue et de sa patte. Et sans ne rien révéler de négatif, en gardant toujours le plus grand calme, il exposa son plan en un miaulement :

« Je vais t’aider à remonter, ok ? Comme ça, on pourra dégager ta patte plus facilement ensuite. Essaye de ne pas trop t’agiter, il ne faudrait pas que cette broutille devienne une blessure sérieuse. »

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